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Le Pape PIE IX et l’envoi des futurs missionnaires Saint-Jacques en Haïti

1 – un nouveau commencement: 1864

Des diocèses sans évêques

 Par le traité de Tordesillas, le pape Alexandre VI avait d’avance partagé les terres nouvellement découvertes et encore à découvrir, entre l’Espagne et le Portugal.

 

 En 1501, dix ans après l’arrivée de Christophe Colomb en Haïti, JULES II avait créé trois évêchés, pour le Nord, l’Ouest et le Sud d’Hispaniola. Ils ne seront pourvus de titulaires que trois siècles et demi plus tard.

Les Ordres religieux engagés depuis des siècles dans la Mission Ad Gentes étaient tout indiqués pour  l’évangélisation du « Nouveau Monde ». Arriveront successivement en Haïti les FRANCISCAINS, les DOMINICAINS et les CARMES, puis les JÉSUITES. Les responsables des « Missions »  étaient les supérieurs provinciaux qui ne dépendaient, en fait que de leurs supérieurs généraux. La situation sera différente dans d’autres pays d’Amérique latine où des évêques seront nommés dès le 16ème siècle.

La guerre d’INDÉPENDANCE amena le départ de toutes les communautés. Pendant soixante ans, ne resteront sur place que quelques dizaines de prêtres, séculiers ou religieux, souvent sans lien avec aucune structure ecclésiastique.

Le  Concordat

En 1860, un Concordat est conclu entre le pape PIE IX et le président GEFFRARD. L’urgence s’impose alors de nommer des évêques et de constituer un clergé pour cinq diocèses, chacun correspondant à un département géographique.

 Le Saint-Siège chercha d’abord en France et en Belgique des congrégations auxquelles il aurait confié la charge d’un ou plusieurs diocèses. On n’en trouva pas, alors qu’à cette époque les Instituts missionnaires étaient en pleine expansion. Il apparut en même temps qu’il n’était pas indiqué de donner à la jeune République indépendante un statut de « pays de mission », ce que l’on évitait en dotant les diocèses d’un clergé séculier dès le départ.

Depuis le temps du Père  François LIBERMANN, les Pères du Saint-Esprit avaient les yeux tournés vers Haïti. Le Père TISSERANT, compagnon du fondateur, et petit-fils par sa mère d’un général Haïtien, avait été nommé préfet apostolique par le Saint-Siège pour négocier un quatrième projet de concordat qui fut conclu mais non ratifié. Il résida dans le pays de 1843 à 1845 avec cinq autres confrères.  En 1860, le négociateur du concordat définitif, Mgr MONETTI, avait été  secondé par un autre spiritain, le Père PASCAL, muni lui aussi de la juridiction canonique sur tout le pays. Avec trois confrères, il était resté sur place pour préparer la venue des prêtres que Rome enverrait. Il le fit avec délicatesse et efficacité.

C’est le supérieur général des Pères du Saint-Esprit, le P. Schwindenhammer qui orienta le choix du Saint-Siège vers l’abbé Martial Testard du Cosquer d’abord comme négociateur des clauses additionnelles au Concordat puis comme premier Archevêque de Port-au-Prince. Les Spiritains, déjà missionnaires aux Antilles, savaient que le curé-fondateur de N.-D. des Carmes de Brest avait une certaine expérience des Iles. Il avait  été chargé d’une mission apostolique en Guadeloupe, avec fonction de vicaire général. Mgr TESTARD était aussi connu au Vatican. Il avait été aumônier des Zouaves français, venus au secours de Pie IX pour défendre les États pontificaux.

« A l’appel du Pape »

Le jeune archevêque de 46 ans est sacré à Rome en la Basilique des Saints Jean et Paul, le 18 octobre 1863.

Avec l’appui du Saint-Siège qui donne aux partants le statut de « missionnaires apostoliques », il se met à la recherche de collaborateurs en Bretagne et dans les diocèses de ses anciens condisciples français ou italiens. C’est ainsi que dans les premières générations de missionnaires, on comptera 24 prêtres du Puy-en-Velay dont l’évêque était un ami de Mgr Testard.

On est frappé par l’ampleur et la rapidité des réponses chez des prêtres qui n’avaient peut-être jamais pensé à s’expatrier et chez des évêques qui acceptaient de laisser partir des confrères chargés parfois de responsabilités importantes dans leurs diocèses.

C’est encore le supérieur des spiritains qui orienta Mgr Testard vers celui qui deviendra le maître d’œuvre de l’organisation de l’Église en Haïti. L’abbé Alexis Jean-Marie GUILLOUX était un ami de l’abbé Jean-Marie de LAMMENAIS que les Pères du Saint-Esprit avaient aidé dans la fondation de sa Congrégation des Frères de l’Instruction chrétienne. Aumônier principal des Frères et supérieur du collège Saint-Stanislas, l’abbé Guilloux avait senti, à la mort du fondateur, que l’heure était venue pour lui de s’éloigner de la Maison-Mère pour laisser totalement aux Frères le gouvernement de leur Institut . Il avait refusé l’épiscopat à plusieurs reprises. Pressenti pour Port-au-Prince, il s’était d’abord récusé pour raison de santé. Mais quand Mgr Testard viendra lui proposer de l’accompagner en Haïti en qualité de vicaire général, il acceptera tout de suite.

C’était le Jeudi Saint. Trois semaines plus tard, l’abbé Guilloux, accompagné de quatre frères, avait déjà quitté Ploërmel. Embarquant à Liverpool le 20 avril sur le vapeur « Ascalon« , ils touchaient Haïti le 13 mai 1864. Un premier groupe de 6 prêtres les avait précédés le 7 avril.

Le 10 juin 1864, quand l’archevêque débarque du « Rose-Marguerite » accompagné lui-même de quatre prêtres, il est accueilli par une bonne trentaine de missionnaires. A leur costume, on peut reconnaître des frères de Ploërmel et des sœurs de Saint-Joseph de Cluny. Les prêtres portent la soutane des prêtres séculiers, le rabat des ecclésiastiques français en moins. Ils sont désormais le clergé diocésain d’Haïti. Ils sont accompagnés de 12 jeunes gens qui ne sont encore que diacres ou sous-diacres. Ils seront ordonnés dans un pays qu’ils ne connaissaient peut-être pas quand ils étaient entrés au séminaire de leur diocèse d’origine. Ils répondaient à un appel de l’Église et du pape.

A la fin de cette première année 1864, Mgr Testard aura déjà affecté 33 prêtres au service des cinq diocèses dont il est, pour le moment, le seul administrateur. Ils venaient de 18 diocèses différents. Le mouvement se poursuivra longtemps à un rythme d’une douzaine d’arrivées par an. Il est vrai que nous sommes à une période d’exceptionnelle vitalité missionnaire en France, particulièrement dans la région lyonnaise et dans l’Ouest. En un demi-siècle, de 1850 à 1900, plus de 2500 prêtres bretons s’engageront pour les missions à l’extérieur. Et les religieuses seront encore plus nombreuses.

Partir, à cette époque, ne signifiait pas amorcer une longue carrière apostolique. Et chacun le savait. En 1884, Haïti aura vu débarquer plus de 250 missionnaires et pourtant le pays ne compte plus alors que 100 prêtres en activité. C’est qu’en l’espace de 20 ans, 88 seront déjà morts et 71 auront dû repartir, le plus souvent pour raison de santé. En 1897, c’est encore l’hécatombe. Quand il annonce le décès de l’abbé Théodore BRIAND qui n’avait pas trois mois de mission, l’abbé Conan, vicaire général, écrit :

« C’est le quinzième prêtre que la fièvre jaune nous enlève depuis le 1er janvier… ». L’année précédente, le supérieur de St-Jacques avait averti les aînés : « Il ne faut pas vous faire d’illusion, c’est à la mort que vous allez. Comme Gédéon, je vous dis : s’il y en a parmi vous qui ont peur, qu’ils s’en retournent chez leur père et leur mère ».

Pour réponse, les séminaristes qui faisaient leur dernière année de théologie exprimèrent le désir d’être admis sans retard aux ordres afin de partir au plus tôt en Haïti. Ils sont venus, il y a à peine deux mois (ils étaient seize) et voici que déjà trois d’entre eux sont morts. »

 Ce langage peut étonner et même choquer aujourd’hui. Mais on ne trouve rien de morbide, aucune exaltation malsaine dans la correspondance des jeunes missionnaires d’alors. Ils ne venaient pas pour mourir mais pour travailler. Ainsi ce jeune prêtre de Rennes, l’abbé Jean-Baptiste GENDRON, arrivé le 4 octobre, qui s’éteignait un mois après son arrivée.

« Veuillez dire à Mgr l’Archevêque, demanda-t-il à Mgr Pouplard, son curé, que j’aurais été heureux de travailler en Haïti pendant quelques années. Je fais au Bon Dieu le sacrifice de ma vie pour le bien de la Mission »

  C’est le même esprit et le même langage que l’on retrouve chez les jeunes des Missions Étrangères ou d’autres Congrégations qui allaient au-devant de la cangue et de la hache sans rechercher pour autant le martyre. Ils expriment bien le don de leur vie en termes de sacrifice, mais ils meurent « si généreusement et si simplement« , comme l’écrit encore Mgr Conan, qu’on les sent surtout habités d’un grand amour pour le peuple qu’ils sont venus évangéliser, et d’une immense confiance dans le Maître de la Moisson. Aujourd’hui, comme hier, quand on choisit de suivre le Christ en « disciple et missionnaire », mieux vaut savoir à quoi on s’expose. Et y aller « généreusement et simplement »…

UN  REGARD  NEUF

Quand ils arrivent en Haïti, Mgr Testard et ses compagnons ne se trouvent pas dans la situation des missionnaires qui, à la même époque, pénètrent des contrées inconnues d’Afrique ou d’Asie. La Croix a été plantée sur les rivages de l’Ile 372 ans auparavant et le catholicisme est toujours la religion officielle.

Sans doute, la première évangélisation ne s’était pas faite dans les meilleures conditions. Les gouvernants avaient gardé la haute main sur les affaires religieuses. Les essais successifs de Concordat montrent que l’État n’était pas disposé à laisser à l’Église une totale liberté dans les nominations ecclésiastiques. Ces handicaps sont vite apparus aux missionnaires. Ils continuent à faire l’objet d’études et de débats.

Nous n’avons pas à porter ici un jugement sur le travail des Ordres religieux au temps de la colonie. Si bien des prêtres s’étaient accommodés du système colonial et de ses tares, d’autres avaient réalisé d’emblée qu’esclavagisme et évangile sont incompatibles et ils avaient su le manifester comme les Jésuites du Nord, courageux défenseurs des esclaves.

On ne peut pas juger l’ensemble des prêtres qui ont desservi les paroisses entre l’Indépendance et le Concordat à partir de quelques exemples désastreux. On pourrait dresser une liste de clercs indignes, sans compter ceux qui contrarièrent tous les essais d’accord avec Rome et qui poussèrent au schisme. Mais il faudrait aussi évoquer ces honnêtes pasteurs qui ont fait ce qu’ils ont pu avec ce qu’ils avaient, isolés, sans évêque, sans directive pastorale.

L’abbé Guilloux raconte la joie de l’abbé Torracinta, curé de Corail, « ce bon vieillard qui rajeunit de 20 ans quand on lui annonce que le nouvel archevêque vient lui rendre visite ». A Jérémie, il reconnaît « les traces du passage de bons prêtres qui se sont succédé dans cette paroisse et y ont laissé un excellent noyau de fidèles ».

Ces impressions sont empruntées au « Journal » tenu par l’abbé Guilloux tout au long de la première visite pastorale de Mgr Testard à travers le pays du 26 janvier au 7 mars 1865, six mois après son arrivée. Le vicaire général s’adresse à son ami l’abbé Constant Hillion, professeur de rhétorique à Ploërmel, son successeur sur le siège de Port-au-Prince.

Le ton du récit est plus proche de l’enthousiasme que de la lamentation. C’est une première impression. Mais elle gardera toute son importance quand les difficultés prendront le devant de la scène. L’abbé Guilloux a bien vu les églises dont certaines tombent en ruines, une poignée de prêtres, un syncrétisme religieux qui va poser des problèmes inattendus, Les nouveaux pasteurs seront confrontés à des militaires et des politiciens qui passent de complot à répression… ! Mais cela n’était pas et ne sera jamais le tout d’Haïti et des Haïtiens. Il est intéressant de parcourir le journal de voyage de ce « moun vini » (gens d’ailleurs/étranger), qui passait pour un intellectuel et un prêtre très austère mais qui découvre son nouveau champ d’apostolat avec les yeux du cœur.

Un pays, un peuple

On sent déjà chez Jean-Marie Guilloux l’attrait particulier exercé par les « gens d’en-dehors », le peuple des campagnes. On a pu lire ici ou là que les premiers missionnaires s’étaient cantonnés dans les villes et avaient négligé les campagnes. Ces affirmations ne résistent ni aux textes ni aux chiffres. A compulser les archives de l’époque, on a parfois l’impression que c’est le reproche inverse que l’on pourrait faire parfois à la plupart d’entre eux qui passaient plus de temps « en chapelle » qu’au centre. Le cahier tenu par un missionnaire des années 50 consigne ces « visites » de plusieurs jours du curé dans les mornes de l’Artibonite : une cinquantaine par an ! Un siècle plus tard, la tradition des pionniers s’était maintenue.

D’emblée, l’abbé Guilloux est séduit par la beauté du pays. Le déboisement et l’érosion n’ont pas encore atteint la « perle des Antilles » :

« Je n’ai rien dit des charmes dont la nature a doté ma nouvelle patrie, de la splendeur de son climat, de la délicieuse fraîcheur de ses nuits, de la merveilleuse fécondité de son sol, de la majesté de ses montagnes, de la gracieuse sinuosité de ses rivages ».

On se déplace en bateau à vapeur ou en canot, en voiture attelée, mais le plus souvent à cheval. L’abbé Guilloux qui va parcourir plusieurs fois le pays dans tous les sens, ne sera jamais à l’aise en selle ; il peut envier Mgr Testard qui est un remarquable cavalier. Pour longtemps encore, selon l’expression du P. Chatté « pour faire un missionnaire en Haïti, il faut un prêtre et un cheval !».

L’évêque et son compagnon sont vivement touchés par l’accueil qu’ils reçoivent partout. Dans les villes, on fait les choses en grand, selon les règles. Les missionnaires apprennent qu’il ne faudra jamais badiner avec le protocole. Arrivé trop tôt le matin aux Cayes, Mgr Testard est prié de retourner l’après-midi à l’entrée de la ville pour la réception solennelle qu’on lui avait préparée. A la campagne, on improvise avec palmes et cantiques. « A Dalmarie, paroisse récemment érigée, la population s’était portée sur le rivage avec croix et bannières ». Une autre fois, le pilote du canot, prenant aimablement ses passagers en otages, leur fait faire un crochet par sa commune de Pestel.

L’ambiance chaleureuse aide à supporter le choc produit souvent par l’état des lieux de culte. A Miragoane, c’est une maison délabrée, mais des matériaux sont déjà rassemblés sur l’emplacement de la nouvelle église. Vieux-Bourg d’Aquin n’a plus qu’une ruine, et en ville d’Aquin, on se réunit dans une maison de louage. Lorsque l’édifice est correct, il est maintenant trop petit. La première visite de l’archevêque sera l’occasion de restaurer ou de construire des églises dans les villes, mais aussi de créer nombre de chapelles dans les zones rurales.

La visite pastorale n’est pas seulement une prise de contact ou une inspection. Les deux voyageurs réalisent tout de suite qu’il leur faut se mettre au travail là où ils passent :

« Ici où tout est à faire, tout à créer, où de rares ouvriers peuvent à peine suffire aux travaux les plus urgents du saint ministère, il faut que l’évêque jette lui-même la semence et l’arrose de ses sueurs s’il veut glaner quelques épis. »

Pour cette première visite, on s’attarde surtout dans les paroisses où l’on pourra confirmer des chrétiens « communiés » et des « convertis ». Au programme : retraite, confessions, célébrations, entretiens personnels avec l’évêque pour les hommes, avec le vicaire général pour les dames qui le désirent, visite des malades et des prisonniers. A l’évidence, c’est le comportement de pasteurs qui considèrent qu’ici une Eglise les a précédés et qu’il faut la prendre en compte malgré ses déficiences et ses lacunes.

Ils ont le sentiment d’être attendus par des gens dont la foi est peut-être peu éclairée, mais dont la bonne volonté ne fait pas de doute. Ils majorent probablement l’impact de leur rapide enseignement et misent à fond sur la grâce des sacrements. Leur théologie et leur pastorale sont celles de l’époque et n’offrent guère d’autres choix. En pratiquant la méthode de la « tabula rasa« , ils auraient peut-être écarté des mécréants, mais ils auraient aussi ignoré des saints.

C’est qu’ils ont vite trouvé du répondant dans les paroisses de province. A Jérémie, avant le départ de l’archevêque, des jeunes gens sont venus lui demander d’approuver les statuts d’une « Société charitable » qu’ils ont fondée. Et quand le 6 mars, Mgr Testard doit rentrer précipitamment à Port-au-Prince que vient de ravager un incendie, il apporte les 1000 gourdes (400 francs or) que les gens de l’Anse-à-Veau ont rassemblées pour les sinistrés de la capitale.

« Le martyre de la charité »

Il n’en reste pas moins qu’« Haïti est, dans toute la force du terme, un pays de mission » comme l’écrit le jeune abbé Fauchoux à un ami de France qu’il invite à venir le rejoindre. C’est aussi la grande préoccupation d’Alexis Guilloux que de trouver de nombreux et dévoués collaborateurs. A son arrivée, le pays comptait théoriquement 75 paroisses desservies par une trentaine de prêtres. Devenu archevêque en 1871, il commence la publication du « Bulletin religieux d’Haïti » qui donne dans son numéro de mars 1872, la « statistique du clergé et des paroisses » avec pour grand total : « Population d’Haïti : 927.000 âmes environ ; 66 paroisses ; 66 ecclésiastiques ».

Si l’on reprend la liste, on compte 6 prêtres d’avant le concordat, 2 jeunes prêtres haïtiens, 8 spiritains et 3 montfortains. Sur la centaine de prêtres séculiers arrivés depuis 1864, il en reste juste 47. Parmi eux, le destinataire de la relation de voyage de 1865, Constant HILLION, devenu supérieur du Petit-Séminaire de Sainte-Anne d’Auray et vicaire général de Vannes qui a pris pour lui les dernières lignes de son ami :

« Ah! Si quelques bons prêtres, comme il y en a tant autour de vous, venaient à sentir en eux le feu sacré de l’apostolat, dites-leur donc qu’ils trouveront ici ce qui peut servir d’attrait au dévouement sacerdotal.

Un million d’hommes à sauver et à peine un prêtre pour 25.000 âmes qu’il faudrait aller chercher au milieu de montagnes et de halliers presque inaccessibles ; toute une Eglise à fonder, l’avenir de tout un peuple à préparer, beaucoup de fatigues à endurer, le martyre de la charité à gagner ! Mon Dieu ! Que ces mobiles sont puissants et que d’hésitations ils devraient faire cesser ! »

Mais déjà Mgr Testard et l’abbé Guilloux avaient compris qu’on ne pourrait pas compter indéfiniment sur des exhortations amicales pour recruter des missionnaires parmi les prêtres des diocèses d’Europe. L’avenir dépendait des jeunes qui entendraient l’appel à la Mission des deux côtés de l’Océan.

 

André Le BARZIC