Société des Prêtres de Saint-Jacques

Missionnaires en Haïti, au Brésil et en France

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Chargement d’un conteneur pour Haïti

Comme prévu, le 11 octobre dernier, le chargement du conteneur a eu lieu au Centre Missionnaire Saint-Jacques, sous la direction du Père André Siohan, économe général de la Société. Les employés et des bénévoles étaient fidèles au rendez-vous pour charger plusieurs tonnes de divers matériels et d’objets à destination de Port-au-Prince.

Il s’agit là d’un service sociétaire pour accompagner les confrères en mission en Haïti, mais aussi certaines associations qui collaborent avec des confrères.

Un très grand merci aux fidèles employés et bénévoles pour leur aide inestimable.


Il faudra compter entre deux et trois mois pour la réception du conteneur à Port-au-Prince.

MESSE ET CANONISATION DES BIENHEUREUX : PAUL VI, OSCAR ROMERO…

MESSE ET CANONISATION DES BIENHEUREUX :
PAUL VI, OSCAR ROMERO, FRANCESCO SPINELLI, VINCENZO ROMANO,
MARIA KATHARINA KASPER, NAZARIA IGNAZIA DI SAINTE THÉRÈSE DE JÉSUS, NUNZIO SULPRIZIO
HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS
Place Saint-Pierre
Dimanche 14 octobre 2018
[Multimédia]
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La deuxième Lecture nous a dit qu’« elle est vivante, la Parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée » (He 4, 12). Il en est vraiment ainsi : la Parole de Dieu n’est pas seulement un ensemble de vérités ou un récit spirituel édifiant, non, c’est une Parole vivante, qui touche la vie, qui la transforme. Là Jésus en personne, lui qui est la Parole vivante de Dieu, parle à nos cœurs.

L’Évangile, en particulier, nous invite à la rencontre avec le Seigneur, à l’exemple de cet ‘‘homme’’ qui ‘‘court à sa rencontre’’ (cf. Mc 10, 17). Nous pouvons nous identifier à cet homme, dont le texte ne mentionne pas le nom, presque pour suggérer qu’il peut représenter chacun d’entre nous. Il demande à Jésus comment « avoir la vie éternelle en héritage » (v. 17). Il demande la vie pour toujours, la vie en plénitude : qui d’entre nous ne la voudrait pas ? Mais, remarquons-le, il la demande comme un héritage à posséder, comme un bien à obtenir, à conquérir par ses forces. En effet, pour posséder ce bien, il a observé les commandements depuis son enfance et pour atteindre l’objectif il est disposé à en observer d’autres ; c’est pourquoi il demande : « Que dois-je faire pour avoir ? »

La réponse de Jésus le désoriente. Le Seigneur fixe le regard sur lui et l’aime (cf. v. 12). Jésus change de perspective : des préceptes observés pour obtenir des récompenses à l’amour gratuit et total. Cet homme parlait en termes de demande et d’offre, Jésus lui propose une histoire d’amour.  Il lui demande de passer de l’observance des lois au don de soi, du faire pour soi-même à l’être avec Lui. Et il lui fait une proposition de vie ‘‘tranchante’’ : « Va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres […] puis viens, suis-moi » (v. 21).  À toi aussi, Jésus dit : ‘‘Viens, suis-moi’’. Viens : ne reste pas sur place, car il ne suffit pas de ne faire aucun mal pour appartenir à Jésus. Suis-moi : ne marche pas derrière Jésus seulement quand cela te convient, mais cherche-le chaque jour ; ne te contente pas d’observer les préceptes, de faire un peu d’aumône et de dire quelques prières : trouve en lui le Dieu qui t’aime toujours, le sens de ta vie, la force de te donner.

Jésus dit encore : « Vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ». Le Seigneur ne fait pas des théories sur la pauvreté et la richesse, mais il va directement à la vie. Il te demande de laisser ce qui appesantit ton cœur, de te libérer des biens pour lui faire une place à lui, l’unique bien. On ne peut pas suivre vraiment Jésus quand on est alourdi par les choses. Car, si le cœur est surchargé par les biens, il n’y aura pas de place pour le Seigneur, qui deviendra une chose parmi les autres. C’est pourquoi la richesse est dangereuse et – dit Jésus – rend même difficile le salut. Non pas parce que Dieu est sévère, non ! Le problème est de notre côté : le fait d’avoir trop, le fait de vouloir trop nous étouffe, étouffe notre cœur et nous rend incapables d’aimer. C’est pourquoi saint Paul rappelle que « la racine de tous les maux, c’est l’argent » (1 Tm 6, 10). Nous le voyons : là où on met l’argent au centre, il n’y a pas de place pour Dieu et il n’y en a pas non plus pour l’homme.

Jésus est radical. Il donne tout et demande tout : il donne un amour total et demande un cœur sans partage. Aujourd’hui également, il se donne à nous comme Pain vivant ; pouvons-nous lui donner en échange des miettes ? À lui qui s’est fait notre serviteur jusqu’à aller sur la croix pour nous, nous ne pouvons pas répondre uniquement par l’observance de quelques préceptes. À lui qui nous offre la vie éternelle, nous ne pouvons pas donner un bout de temps. Jésus ne se contente pas d’un ‘‘pourcentage d’amour’’ : nous ne pouvons pas l’aimer à vingt, à cinquante ou à soixante pour cent. Ou tout ou rien !

Chers frères et sœurs, notre cœur est comme un aimant : il se laisse attirer par l’amour, mais peut s’attacher d’un côté seulement et doit choisir : ou bien il aimera Dieu ou bien il aimera la richesse du monde (cf. Mt 6, 24) ; ou bien il vivra pour aimer ou bien il vivra pour lui-même (Mc 8, 35). Demandons-nous de quel côté nous sommes. Demandons-nous où nous en sommes dans notre histoire d’amour avec Dieu. Nous contentons-nous de quelques préceptes ou suivons-nous Jésus comme des amoureux, vraiment disposés à quitter quelque chose pour lui ? Jésus interroge chacun d’entre nous et nous sommes tous, en tant qu’Église, en chemin : sommes-nous une Église qui ne prêche que de bons préceptes ou une Église-épouse qui s’abandonne dans l’amour pour son Seigneur ? Le suivons-nous vraiment ou retournons-nous sur les pas du monde, comme cet homme ? Au total, Jésus nous suffit-il ou bien cherchons-nous beaucoup de sécurités du monde ? Demandons la grâce de savoir quitter par amour du Seigneur : quitter les richesses, quitter les nostalgies de rôles et de pouvoirs, quitter les structures qui ne sont plus adaptées à l’annonce de l’Évangile, les poids qui freinent la mission, les liens qui attachent au monde. Sans un saut en avant dans l’amour, notre vie et notre Église souffrent d’une « autosatisfaction égocentrique » (Evangelii gaudium, n. 95) : on cherche la joie dans un plaisir passager, on s’enferme dans les palabres stériles, on s’installe dans la monotonie d’une vie chrétienne sans élan, où un peu de narcissisme couvre la tristesse de rester inachevé.

Il en fut ainsi pour cet homme, qui – dit l’Évangile – « s’en alla tout triste » (v. 22). Il s’était attaché aux préceptes et à ses nombreux biens, il n’avait pas donné son cœur. Et, bien qu’ayant rencontré Jésus et accueilli son regard d’amour, il s’en est allé triste. La tristesse est la preuve de l’amour inachevé. C’est le signe d’un cœur tiède. Par contre, un cœur détaché des biens, qui aime librement le Seigneur, répand toujours la joie, cette joie dont on a besoin aujourd’hui. Le saint Pape Paul VI a écrit : « C’est au cœur de leurs angoisses que nos contemporains ont besoin de connaître la joie, de sentir son chant (Exhort. ap. Gaudete in Domino, I). Aujourd’hui, Jésus nous invite à retourner aux sources de la joie, qui sont la rencontre avec lui, le choix courageux de prendre des risques pour le suivre, le goût de quitter quelque chose pour embrasser sa vie. Les saints ont parcouru ce chemin.

Paul VI l’a fait, à l’exemple de l’Apôtre dont il a pris le nom. Comme lui, il a consacré sa vie à l’Évangile du Christ, en traversant de nouvelles frontières et en se faisant son témoin dans l’annonce et dans le dialogue, prophète d’une Église ouverte qui regarde ceux qui sont loin et prend soin des pauvres. Paul VI, y compris dans la difficulté et au milieu des incompréhensions, a témoigné de manière passionnée de la beauté et de la joie de suivre Jésus totalement. Aujourd’hui, il nous exhorte encore, avec le Concile dont il a été le sage timonier, à vivre notre vocation commune : la vocation universelle à la sainteté. Non pas aux demi-mesures, mais à la sainteté. Il est beau qu’avec lui et avec les autres saints et saintes d’aujourd’hui, il y ait Mgr Romero, qui a quitté les certitudes du monde, même sa propre sécurité, pour donner sa vie selon l’Évangile, aux côtés des pauvres et de son peuple, avec le cœur attaché à Jésus et à ses frères. Nous pouvons en dire autant de Francesco Spinelli, de Vincenzo Romano, de Maria Caterina Kasper, de Nazaria Ignazia de Sainte Thérèse de Jésus, et aussi de notre garçon des Abruzzes et de Naples, Nunzio Sulprizio : le saint jeune, courageux, humble, qui a su rencontrer le Christ dans la souffrance, dans le silence et dans l’offrande de soi. Tous ces saints, dans des contextes différents, ont traduit par leur vie la Parole d’aujourd’hui, sans tiédeur, sans calculs, avec le désir de risquer et de quitter. Frères et sœurs, que le Seigneur nous aide à imiter leurs exemples !
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©GIUSEPPE LAMI/EPA/MAXPPP – epa07092489 Pope Francis (C) leads the canonization Mass of Pope Paul VI, Salvadorian Archbishop Oscar Romero, and five others, at the Vatican, 14 October 2018. Pope Francis on the day, elevated to sainthood Pope Paul VI and Salvadoran Archbishop Oscar Romero, who was martyred as he was celebrating Mass in March 1980. EPA-EFE/GIUSEPPE LAMI

Rentrée pastorale à Châteauneuf-du-Faou avec le Père Joseph Longo

Joseph Longo devant le presbytère à Châteauneuf

Comme pour toutes les paroisses du diocèse de Quimper & Léon, à partir du 1er septembre, la Communauté chrétienne locale de Châteauneuf-du-Faou a repris ses activités pastorales, mises en berne pendant la période estivale.

Toutefois, durant les vacances d’été, y ont été célébrées les Pardons des chapelles et des villages. Le plus important d’entre eux est celui de Notre Dame des Portes.

Procession

Programme de la fête

Il a lieu avant le dernier week-end du mois d’août. Les fidèles ont été heureux d’accueillir en tant que célébrant principal de cette grande fête, le Père Paul DOSSOUS, Supérieur général de la Société des Prêtres de Saint-Jacques. Il présidait à toutes les célébrations allant du 17 au 19 août. Les fidèles ont eu le bonheur d’apprécier son talent de « grand orateur ». Nous lui disons un grand merci.

 

L’année dernière, la rentrée pastorale était surtout marquée par le changement de curé et par la mise en route de la paroisse nouvelle. En effet, de l’ancien ensemble paroissial de Châteauneuf, Châteauneuf-du-Faou a été unie aux communautés chrétiennes de Carhaix et d’Huelgoat, pour constituer la paroisse nouvelle Saint Herbot, en centre Finistère.

Cette année, la rentrée pastorale a été réalisée dans la douceur et la sérénité. Les défis n’ont toutefois pas changé, comme la diminution de la population, le manque de travail dans des secteurs autres que l’agroalimentaire, et surtout – pour ce qui nous concerne plus directement – une pratique religieuse très faibles ainsi que l’importance des distances entre les différents clochers.

La catéchèse des enfants a démarré le vendredi 21 septembre par la réunion des parents et des catéchistes. Autrefois, ces deux entités avaient leur rencontre séparément. Cette année, nous avons dû nous résoudre à les réunir, à cause du nombre réduit des catéchistes et des enfants catéchisés. C’est là malheureusement une constante depuis quelques années…

Cette rentrée pastorale voit, à l’inverse, la présence de bénévoles plus nombreux pour assurer les permanences à l’accueil paroissial de Châteauneuf. Ils sont passés de 4 à 8 personnes. L’équipe des guides et des assistants aux obsèques a été renforcée par l’arrivée de trois nouvelles personnes.

Rappelons que la communauté chrétienne locale de Châteauneuf regroupe les 11 communes de la Communauté des communes de la Haute Cornouaille.

 

Le Père Joseph Longo est membre de la Société des Prêtres de Saint-Jacques. Il est également membre du Conseil Régional de France, comme conseiller auprès du Supérieur régional, le Père Pierre Le Beller.

Un très grand merci  au Père Longo pour les nouvelles de sa paroisse. Nous lui assurons de nos prières et de notre

 

Installation du Père Mikerson, curé des paroisses de Pléneuf, Saint-Pierre Erquy Fréhel et Matignon

 

Nous proposons ici aux amis de la Société des Prêtres de Saint-Jacques les deux discours prononcés lors de l’installation du Père Mikerson OLIVIER à sa charge de curé des Paroisses de Pléneuf, Saint-Pierre Erquy Fréhel et Matignon. C’était au cours d’une messe présidée par l’Évêque du diocèse de Saint-Brieuc & Tréguier, Mgr Denis MOUTEL.

D’abord, voici le discours de l’EAP

Voici maintenant les mots prononcés par le Père Mikerson Olivier en la circonstance.

 

 

Journée Rencontre Prière – 13 octobre 2018

La dernière Journée Rencontre Prière de cette année se réalisera au Centre Missionnaire Saint-Jacques ce 13 octobre 2018. Avec des amis de la Société, les Pères du Conseil Permanant de la Société prendra le temps de prier, de réfléchir à partir des questions Missionnaires de notre temps. Le Thème retenu cette année est le même proposé par l’Église notre Mère pour cette semaine missionnaire mondiale qui s’ouvre se dimanche 14 octobre pour se conclure le dimanche suivant, soit le 21.

La question Missionnaire doit être partagée par tous les baptisés. Annoncer le Christ dans le monde d’aujourd’hui suppose que chaque chrétien vive la vérité de son baptême.

Le monde attend. Il a soif, comme le Christ lui-même a soif. Le service missionnaire doit pouvoir faire se rencontrer ces deux soifs. Le témoignage missionnaire doit permettre aux hommes et aux femmes de notre temps d’entendre le cri du Christ qui donne sens à chaque cri, à chaque pleur, à chaque soif de quel qu’être humain que ce soit. Il doit servir de canal pour que le cœur de l’humanité soit irrigué par l’amour fou et gratuit de Dieu, qui vient à notre rencontre. Un Dieu qui nous fait signe pour que nous venions à Lui nous aussi, en faisant notre part du chemin.

La matinée de cette JOURNEE RENCONTRE PRIERE sera animée par le Père Maurice Lebastard, tandis que dans l’après-midi, le Père André Siohan partagera avec les participants les nouvelles des Pères et de la Société de manière générale. Enfin, l’Eucharistie du jour sera célébrée comme le sommet de cette journée rencontre. Elle sera suivie toutefois par un goûter, à la salle du restaurant Saint-Jacques.

Veuillez trouver ici le livret d’animation de cette belle journée.

 

P. Georgino RAMEAU, spsj.

Rencontre autour de Haïti avec Mgr Launay Saturné, archevêque du Cap-Haïtien

Rencontre autour de Haïti

Le lundi 29 octobre 2018
De 17 à 19h

A la Maison des Évêques

58 avenue de Breteuil Paris 7e
Autour de Mgr L. Saturné, archevêque de Cap-Haïtien
Président de la Conférence des Évêques de Haïti
Reconstruire au pays des séismes
Des bâtiments, une ville, un pays, des mentalités?

Vous êtes cordialement invités.

Réponse (pour la sécurité) : snmue@cef.fr

 

« Tu ne tueras pas »


Trouvez ici le texte original en italien du discours du Pape François, en date du 10 octobre 2018.

Catéchèse du pape François du mercredi 10 octobre 2018

Chers frères et sœurs, bonjour !

La catéchèse d’aujourd’hui est dédiée à la cinquième parole du Décalogue : « Tu ne tueras pas ». Le cinquième commandement, ne pas tuer. Nous sommes déjà dans la seconde partie du Décalogue, celle qui concerne les relations avec le prochain ; et ce commandement, dans sa formulation concise et catégorique, se dresse comme une muraille pour défendre la valeur fondamentale dans les relations humaines. Et quelle est cette valeur fondamentale dans les relations humaines ? La valeur de la vie. C’est pourquoi « tu ne tueras pas ».

On pourrait dire que tout le mal réalisé dans le monde se résume en ceci : le mépris pour la vie. La vie est attaquée par les guerres, par les organisations qui exploitent l’homme – dans les journaux télévisés nous voyons tant de choses – par les spéculations sur la création et par la culture du rejet, et par tous les systèmes qui soumettent l’existence humaine à des calculs d’opportunité, tandis qu’un nombre scandaleux de personnes vivent dans une situation indigne de l’homme. Ceci, c’est mépriser la vie, c’est-à-dire tuer, d’une certaine façon.

Une approche contradictoire autorise aussi la suppression de la vie humaine dans le sein maternel, au nom de la sauvegarde d’autres droits. Mais comment un acte qui supprime la vie innocente et sans défense dans son éclosion peut-il être thérapeutique, civil, ou simplement humain ? Je vous pose la question : est-il juste de supprimer une vie humaine pour résoudre un problème ? Qu’en pensez-vous : est-ce juste ? … Est-ce juste d’engager un tueur à gages pour résoudre un problème ? On ne peut pas, ce n’est pas juste, « d’éliminer » un être humain, même petit, pour résoudre un problème. C’est comme engager un tueur à gages pour résoudre un problème.

D’où vient tout cela ? La violence et le refus de la vie naissent, au fond, de la peur. L’accueil de l’autre, en effet, est un défi à l’individualisme. Pensons, par exemple, au moment où l’on découvre qu’une vie naissante est porteuse de handicap, même grave. Les parents, dans ces cas dramatiques, ont besoin de vraie proximité, de vraie solidarité, pour affronter la réalité en dépassant les peurs compréhensibles. Au contraire ils reçoivent souvent des conseils pressés d’interrompre la grossesse, ce qui est une façon de parler : “interrompre la grossesse” signifie “descendre quelqu’un”, directement.

Un enfant malade est comme tout nécessiteux de la terre, comme une personne âgée qui a besoin d’assistance, comme tant de pauvres qui ont de la peine à vivoter : celui, celle que l’on présente comme un problème, est en réalité un don de Dieu, qui peut me sortir de l’égocentrisme et me faire grandir dans l’amour. La vie vulnérable nous montre la voie de sortie, le chemin pour nous sauver d’une existence repliée sur elle-même et découvrir la joie de l’amour. Et ici je voudrais m’arrêter pour remercier de nombreux volontaires, remercier le fort volontariat italien, qui est le plus fort que j’ai connu. Merci.

Et qu’est-ce qui conduit l’homme à refuser la vie ? Ce sont les idoles de ce monde : l’argent – c’est mieux de se débarrasser de ça, parce que ça coûtera –, le pouvoir, le succès. Ce sont de faux paramètres pour apprécier la vie. L’unique mesure authentique de la vie, quelle est-elle ? C’est l’amour, l’amour avec lequel Dieu l’aime ! L’amour avec lequel Dieu aime la vie : c’est la mesure. L’amour avec lequel Dieu aime toute vie humaine.

En effet, quel est le sens positif de la parole ‘Tu ne tueras pas’ ? Que Dieu aime la vie, comme nous l’avons écouté il y a quelques instants dans la Lecture biblique.

Le secret de la vie nous est dévoilé dans le fait que le Fils de Dieu s’est fait homme jusqu’à assumer, sur la croix, le refus, la faiblesse, la pauvreté et la souffrance (cf. Jn 13,1). Dans tout enfant malade, dans toute personne âgée faible, dans tout migrant désespéré, dans toute vie fragile et menacée, le Christ nous cherche (cf. Mt 25,34-46), il cherche notre cœur, pour nous dévoiler la joie de l’amour. Cela vaut la peine d’accueillir toute vie parce que tout homme vaut le sang du Christ lui-même. (cf. 1 P 1,18-19). On ne peut mépriser ce que Dieu a tant aimé !

Nous devons dire aux hommes et aux femmes du monde : ne méprisez pas la vie ! La vie d’autrui, mais aussi la sienne, parce que le commandement « Tu ne tueras pas » vaut aussi pour elle. Il faut dire à tant de jeunes : ne méprise pas ton existence ! Arrête de rejeter l’œuvre de Dieu ! Tu es une œuvre de Dieu ! Ne te sous-estime pas, ne te méprise pas avec des dépendances qui te ruineront et qui te conduiront à la mort !

Que personne ne mesure la vie selon les tromperies de ce monde, mais que chacun s’accueille lui-même et les autres au nom du Père qui nous a créés. Il est « amant de la vie »: c’est beau cela, “Dieu est amant de la vie”. Et nous lui sommes tous si chers, qu’il a envoyé son Fils pour nous. « Car Dieu – dit l’Évangile – a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.» (Jn 3,16).
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[1] Cf. Congrégation pour la Doctrine de la foi, Istr. Donum vitae, 5: AAS 80 (1988), 76-77: « La vie humaine est sacrée parce que, dès son origine, elle comporte l’action créatrice de Dieu et demeure pour toujours dans une relation spéciale avec le Créateur, son unique fin. Dieu seul est le Maître de la vie de son commencement à son terme: personne, en aucune circonstance, ne peut revendiquer pour soi le droit de détruire directement un être humain innocent ».

Cari fratelli e sorelle, buongiorno!

La catechesi di oggi è dedicata alla Quinta Parola: non uccidere. Il quinto comandamento: non uccidere. Siamo già nella seconda parte del Decalogo, quella che riguarda i rapporti con il prossimo; e questo comandamento, con la sua formulazione concisa e categorica, si erge come una muraglia a difesa del valore basilare nei rapporti umani. E qual è il valore basilare nei rapporti umani? Il valore della vita.[1] Per questo, non uccidere.

Si potrebbe dire che tutto il male operato nel mondo si riassume in questo: il disprezzo per la vita. La vita è aggredita dalle guerre, dalle organizzazioni che sfruttano l’uomo – leggiamo sui giornali o vediamo nei telegiornali tante cose –, dalle speculazioni sul creato e dalla cultura dello scarto, e da tutti i sistemi che sottomettono l’esistenza umana a calcoli di opportunità, mentre un numero scandaloso di persone vive in uno stato indegno dell’uomo. Questo è disprezzare la vita, cioè, in qualche modo, uccidere.

Un approccio contraddittorio consente anche la soppressione della vita umana nel grembo materno in nome della salvaguardia di altri diritti. Ma come può essere terapeutico, civile, o semplicemente umano un atto che sopprime la vita innocente e inerme nel suo sbocciare? Io vi domando: è giusto “fare fuori” una vita umana per risolvere un problema? E’ giusto affittare un sicario per risolvere un problema? Non si può, non è giusto “fare fuori” un essere umano, benché piccolo, per risolvere un problema. E’ come affittare un sicario per risolvere un problema.

Da dove viene tutto ciò? La violenza e il rifiuto della vita da dove nascono in fondo? Dalla paura. L’accoglienza dell’altro, infatti, è una sfida all’individualismo. Pensiamo, ad esempio, a quando si scopre che una vita nascente è portatrice di disabilità, anche grave. I genitori, in questi casi drammatici, hanno bisogno di vera vicinanza, di vera solidarietà, per affrontare la realtà superando le comprensibili paure. Invece spesso ricevono frettolosi consigli di interrompere la gravidanza, cioè è un modo di dire: “interrompere la gravidanza” significa “fare fuori uno”, direttamente.

Un bimbo malato è come ogni bisognoso della terra, come un anziano che necessita di assistenza, come tanti poveri che stentano a tirare avanti: colui, colei che si presenta come un problema, in realtà è un dono di Dio che può tirarmi fuori dall’egocentrismo e farmi crescere nell’amore. La vita vulnerabile ci indica la via di uscita, la via per salvarci da un’esistenza ripiegata su sé stessa e scoprire la gioia dell’amore. E qui vorrei fermarmi per ringraziare, ringraziare tanti volontari, ringraziare il forte volontariato italiano che è il più forte che io abbia conosciuto. Grazie.

E che cosa conduce l’uomo a rifiutare la vita? Sono gli idoli di questo mondo: il denaro – meglio togliere di mezzo questo, perché costerà –, il potere, il successo. Questi sono parametri errati per valutare la vita. L’unica misura autentica della vita qual è? E’ l’amore, l’amore con cui Dio la ama! L’amore con cui Dio ama la vita: questa è la misura. L’amore con cui Dio ama ogni vita umana.

Infatti, qual è il senso positivo della Parola «Non uccidere»? Che Dio è «amante della vita», come abbiamo ascoltato poco fa dalla Lettura biblica.

Il segreto della vita ci è svelato da come l’ha trattata il Figlio di Dio che si è fatto uomo fino ad assumere, sulla croce, il rifiuto, la debolezza, la povertà e il dolore (cfr Gv 13,1). In ogni bambino malato, in ogni anziano debole, in ogni migrante disperato, in ogni vita fragile e minacciata, Cristo ci sta cercando (cfr Mt 25,34-46), sta cercando il nostro cuore, per dischiuderci la gioia dell’amore.

Vale la pena di accogliere ogni vita perché ogni uomo vale il sangue di Cristo stesso (cfr 1 Pt 1,18-19). Non si può disprezzare ciò che Dio ha tanto amato!

Dobbiamo dire agli uomini e alle donne del mondo: non disprezzate la vita! La vita altrui, ma anche la propria, perché anche per essa vale il comando: «Non uccidere». A tanti giovani va detto: non disprezzare la tua esistenza! Smetti di rifiutare l’opera di Dio! Tu sei un’opera di Dio! Non sottovalutarti, non disprezzarti con le dipendenze che ti rovineranno e ti porteranno alla morte!

Nessuno misuri la vita secondo gli inganni di questo mondo, ma ognuno accolga sé stesso e gli altri in nome del Padre che ci ha creati. Lui è «amante della vita»: è bello questo, “Dio è amante della vita”. E noi tutti gli siamo così cari, che ha inviato il suo Figlio per noi. «Dio infatti – dice il Vangelo – ha tanto amato il mondo da dare il suo Figlio unigenito, perché chiunque crede in lui non muoia, ma abbia la vita eterna» (Gv 3,16).

 

Editorial de la Lettre de Saint-Jacques N° 211

 

Chers amis lecteurs, chères amies lectrices de La Lettre de Saint-Jacques, je me fais un plaisir de publier ici le sommaire et l’éditorial du n° 211 de votre revue. Une manière pour moi de vous dire ma gratitude pour votre fidélité à la Société des Prêtres de Saint-Jacques. La mission se vit aussi en s’intéressant à ce que font et vivent les missionnaires. Vous tenir informer de leur mission est aussi une action missionnaire. Vous pourrez dès lors rester en communion avec nous par la pensée et la prière et par tout autre geste d’amitié et de solidarité.

Je suis sûr que vous prendrez plaisir à lire La Lettre de Saint-Jacques et à la faire connaître autour de vous.

Encore une fois, mille mercis!

Père Georgino RAMEAU,
directeur de la publication

Edito pour le Site Saint-Jacques

Pour lire et télécharger l’éditorial du N° 211, cliquez sur le logo ci-dessous de La Lettre de Saint-Jacques.

 

 

Mois de la Bible au Brésil, avec le Père Othon Etienne

Dans la vie de l’Église au Brésil, le mois de septembre est dédié à la Bible. Cette initiative vise à aiguiser la conscience des baptisés sur la haute importance pour eux de lire régulièrement la Parole de Dieu. le mois lui-même est choisi par le fait même qu’on y célèbre la fête de Saint Jérôme qui a passé plus de 30 ans à étudier la Parole de Dieu, retiré dans des grottes de Bethléem. Pour ce bibliste, ignorer les Écritures revient à ignorer le Christ Lui-même.

Les photos qui suivent rappellent la célébration de clôture de ce mois de la Bible dans la paroisse où travaillent nos prêtres de Saint-Jacques, le Père Othon Etienne et son vicaire le Père Wesly Joseph.

Un grand merci au Père Othon pour sa collaboration.

Rappelons que le Père Othon, détenteur d’une maîtrise en théologie pastorale, est assesseur pour les questions liturgiques du diocèse de Umuarama, dans l’État du Paraná, au Brésil.

Je vous propose ici la lecture d’un texte sur la lecture de la Bible de Mgr Lafont, publié sur le site de l’Etoile Notre Dame

Site Etoile Notre-Dame

Ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ – fête de saint Jérôme – Mgr Lafont

Texte écrit à partir d’une conférence lors de la session d’été à Paray Le Monial du 1er au 6 août 2015.
Paru dans la revue 244

« (…) C’est quand même extraordinaire. Quand j’étais à Soweto, si je rencontrais quelqu’un le dimanche avec une Bible, je savais que c’était un protestant.

Dieu a pris la peine de venir nous parler, alors que tout parle de Dieu dans l’univers. La Création par sa beauté parle de la beauté de Dieu. L’extraordinaire intelligence des cycles biologiques parle de l’intelligence de Dieu, de la Sagesse de Dieu. Sa bonté parle de la bonté de Dieu. La beauté d’un visage humain parle de Dieu. Vous êtes chacun d’entre vous une icône de Dieu. Un visage est un bouquin : on y lit l’angoisse, la joie, la paix, l’espoir, la détresse, le désir. Bien que tout nous parle déjà de Dieu, nous sommes comme ceux dont parlait Mgr Sentier : « Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. » C’est ainsi qu’au lieu de louer le Seigneur pour le soleil, la lune et les étoiles, on en a fait des idoles.

Dieu est venu nous parler
Nous sommes le fruit d’un amour, d’un projet. Je suis là parce que Dieu m’a aimé de toute éternité et qu’Il veut me conduire au bonheur. Dieu l’a dit de multiples manières et sa Parole a été mise par écrit. Nous l’ignorons. Faut-il quand même être idiot !

La Parole de Dieu ce n’est pas seulement la Bible, c’est le Verbe, c’est le Christ qui dépasse la Bible de tous les côtés.

Dans l’Écriture, nous avons tout ce qui est nécessaire pour connaître Dieu, pour nous connaître, pour savoir d’où nous venons, où nous allons et savoir comment y aller. C’est pourquoi, il est essentiel de lire l’Écriture. Voila pourquoi saint Jérôme a pu dire : « Ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ », en parlant de toute l’Écriture, l’Ancien et le Nouveau Testament. Jésus parlait des Écritures. Il ne parlait pas du nouveau Testament qui n‘était pas encore écrit. Il parlait de Moïse, de la loi et des prophètes, des sages et des psaumes.

Quand Jésus a rattrapé les deux disciples d’Emmaüs, ils repartaient tête basse, le jour de Pâques, désespérés. Ils revenaient chez eux avec un rêve brisé à tel point qu’ils n’ont pas reconnu Celui qui se mettait à marcher à côté d’eux. Leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître, parce que pour eux la croix était un désastre, une catastrophe, la Bérésina. Dans ces conditions, ils n’étaient pas aptes à  reconnaître le Christ vivant. Jésus leur dit : « Esprits lents à croire ce qu’ont dit Moïse et les prophètes et reprenant toute l’Écriture il leur expliqua qu’il fallait que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire. »

Vous êtes-vous demandé quel passage de la Bible il est allé prendre pour expliquer cela ?

Il a dû parler du sacrifice d’Abraham, d’Isaac, cette prophétie d’un père qui laisserait l’humanité prendre son fils et qui par ce fils sauverait le monde.

Il a dû reprendre avec eux l’histoire extraordinaire de Joseph (Gn 37-49) que je ne me lasse pas de relire, tellement c’est beau. Ce gamin, onzième de douze, un peu arrogant au début avec ses rêves : “Vos gerbes se sont prosternées devant la mienne, le soleil, la lune et les étoiles se sont prosternés devant moi.” Dieu va le buriner, le purifier à travers cette vente comme esclave ; cette épreuve chez Putifar ; cette manière qu’il a eue de garder confiance en Dieu jusqu’au jour où il est devenu le premier ministre, l’homme le plus puissant d’Égypte, après Pharaon. Lorsqu’il se laisse reconnaître par ses frères après s’être assuré que leur cœur avait changé, il dit : « C’est pour cela que le Seigneur a permis que vous me vendiez, pour que je puisse vous assurer à tous et à mon père de quoi vivre sur cette terre. »

Et bien d’autres passages…

Le Christ, par l’Écriture a permis à ses deux disciples de découvrir que, non, la mort du Christ n’était pas une catastrophe, c’était l’amour  porté à son extrême : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».

De cette façon ses apôtres sont passés du désespoir à l’espérance. Il les a rendus capables de le reconnaître à la fraction du pain. S’il n’y avait pas eu l’Écriture, ils n’auraient pas vu le Christ dans ce pain partagé chez eux. D’ailleurs ils ne L’auraient même pas invité à rester chez eux.

Dans tout l’Évangile, le Christ ne cesse pas d’utiliser l’Écriture. Chaque fois qu’Il répond au diable, c’est avec l’Écriture. Quand Il est harcelé sur la question de la résurrection et de tant d’autres, c’est par l’Écriture qu’Il leur répond. Ignorer les écritures, c’est ignorer le Christ !

On peut comprendre que cette Parole de Dieu, il faut la labourer.

Comment lire la Bible ?
 « La Parole de Dieu demeure pour toujours. Ma Parole ne remonte jamais vers moi sans avoir produit du fruit. » (Is 40 ; 55)

Je ne connais rien de plus fort que la Parole de Dieu. Comme  je prie pour que tous les prêtres aient toujours la Bible dans leur poche ! Que chaque fois que nous sommes avec vous pour parler, ce ne soit pas nous qui répondions mais la Parole. Nous ne sommes pas envoyés pour proclamer le catéchisme ou le droit canon ou les rituels. Nous sommes envoyés proclamer la Parole qui a une puissance totalement inégalée.

J’ai fait des études d’écriture sainte à Rome. Je garde un souvenir formidable. Mais ceux qui m’ont le plus aidé à comprendre l’Écriture ce sont les jeunes travailleurs, les jocistes. J’ai reçu des coups de bâton quand bardé de toutes mes études d’hébreu, d’araméen, de je ne sais quoi, de grec et d’autres choses, je m’asseyais à côté de jeunes apprentis. Ils prenaient la Bible, la lisaient dans un tel lien avec leur vie, sans se poser les questions que les intellectuels se posent : c’est quoi un démon ? est ce que ça existe vraiment ? Pour eux le démon c’était les conditions de travail, les difficultés de vivre…

Quand je vais dans les familles, souvent je leur demande leur Bible. Ils me demandent comment la lire. Il faut la lire à genoux, en prière. C’est l’Esprit Saint qui nous ouvre à l’intelligence des écritures.

L’attitude spirituelle pour entrer dans l’Écriture est la suivante. (Diacre du IVe)
« Qui donc est capable de comprendre toute la richesse d’une seule de Tes paroles Seigneur. Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons. Comme des gens assoiffés qui boivent à une source. Le Seigneur a coloré sa Parole de multiples beautés pour que chacun de ceux qui scrutent puissent contempler ce qu’ils aiment. Dans sa Parole, Il a caché tous les trésors pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu’il médite. La Parole de Dieu est un arbre de vie qui de tous côtés te présente des fruits bénis. 

Celui qui a soif se réjouit de boire mais il ne s’attriste pas de ne pas épuiser la source. Que la source apaise ta soif, sans que ta soif épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si au contraire, en te rassasiant tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur. Rends grâce pour ce que tu as reçu et ne regrette pas ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part et ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n’as pas pu recevoir aussitôt à cause de ta faiblesse, tu le recevras une autre fois, si tu persévères. N’ai donc pas la mauvaise pensée de vouloir prendre d’un seul trait ce qui ne peut être pris en une fois et ne renonce pas, par négligence, à ce que tu es capable d’absorber peu à peu. »

En France, avec les prêtres de mon époque, nous avons manqué le coche. On a fait des cercles bibliques et les gens se disaient : « Mon Dieu ! Si je ne connais pas l’Hébreu, s’il n’y a pas un prêtre pour me dire comment je dois lire la Bible, c’est impossible ! » On a donné une telle image de la Bible que les gens ont cru que c’était trop compliqué.

Je me disais que ces gens ressemblaient à ces insectes qui rentrent dans votre chambre. Ils ont tout l’espace mais ces imbéciles viennent buter à la lampe jusqu’à ce que ça leur grille les ailes. Ou bien ils se cognent contre la fenêtre, jusqu’à ce qu’ils se brisent le nez. J’ai envie de leur dire : « Mais tu as tout l’espace ! » Beaucoup de chrétiens sont un peu comme ça. On lit un texte, il y a un mot qui nous choque et c’est fichu. Au lieu de lire tout ce qu’on comprend, de se réjouir de ce qui nous parle, on butte sur le mot, la phrase qu’on ne comprend pas et on se dit : « C’est terminé ! » 

Saint Ephrem en parlant de la Bible dit qu’elle contient tous les trésors pour que chacun trouve Celui qu’il aime.

Il faut lire la Bible suffisamment pour arriver au mot, à la phrase qui me touche. Là je dois demeurer, car là le Seigneur va me parler. Tout le reste c’est mon héritage et si je ne comprends pas tout, ce n’est pas grave.

« Dieu dit au prophète prends le livre et mange. » (Ez 3,1) La Parole de Dieu on doit la manger, pas seulement une fois mais deux fois, trois fois, cinq fois, jusqu’à ce que ce passage-là, je commence à le goûter.

Il y a une parole dans la Bible qui est essentielle : « Écoute Israël, le Seigneur ton Dieu est unique ». (Dt 6,4)

Dans l’évangile selon saint Matthieu, au moment du baptême de Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, écoutez-Le »

Sur le mont Thabor, au moment de la Transfiguration, lorsque Elie et Moïse se retirent et que la voix descend du ciel en s’adressant à Pierre, Jacques et Jean : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, écoutez-Le »

Les pères de l’Église disaient : « Quand tu pries tu parles à Dieu ! Quand tu lis la Bible, Dieu te parle. »

Il y en a qui fatiguent tellement le Bon Dieu avec leurs prières, comme s’ils apprenaient quoi que ce soit à Dieu ! On ne Lui apprend rien. Écoute et repose-toi sur la Parole. Si tu as demandé à l’Esprit Saint de te faire entrer dans la Parole, tu verras.

Une brésilienne va voir son curé et lui dit :  « – Donne-moi une Bible ! – Non !

– Pourquoi tu veux pas ? – T’en as déjà une et tu sais pas lire ! – Mais mon père tous les matins, je mets mes mains sur ma Bible et je dis : Seigneur fais rentrer dans mon cœur Ta Parole. » Vous savez ceux qui ne savent pas lire, ils écoutent et retiennent beaucoup plus.

Quand commencer à lire la Bible ?
J’essaie de la lire tous les soirs, en lisant un chapitre avant de dormir. C’est pour cela que quand j’ai rencontré l’autostoppeur, j’en étais à Tobie. On peut commencer par la liturgie. Cela fait dix jours qu’on lit l’Exode. Est-ce que l’un d’entre vous a pris sa Bible pour lire l’introduction au livre de l’Exode ? Il est encore temps.

Si je m’écoutais, je tordrais le cou à Magnificat et à Prions en église, car cela vous présente la Bible en pièces détachées, en rondelles de saucisson. Une Mercédès est plus belle que les pièces détachées quand même ! Il faut savoir chercher dans la Bible les textes. Habituez-vous à prendre votre Bible dans vos mains. N’en restez pas seulement aux rondelles de saucisson, car on ne sait jamais ce qu’il y a avant et après. La Bible n’est pas comme une jeune fille aux charmes évidents. Une dame âgée est déjà plus discrète. La Bible est un peu comme la dame âgée.

Écoute et mets en pratique.
Dans le sermon sur la montagne, Jésus dit : « Ce ne sont pas ceux qui disent Seigneur ! Seigneur ! qui entreront dans le royaume des Cieux. Ce sont ceux qui écoutent la Parole et qui la mettent en pratique. »

Madeleine Delbrël : « Les Paroles de la Bible sont miraculeuses. Si elles ne nous transforment pas c’est que nous ne le leur demandons pas. Dans chaque phrase de Jésus, dans chacun de ces exemples demeure la vertu foudroyante qui guérissait, purifiait, ressuscitait. Leur force peut faire son chemin en nous à la condition d’être vis à vis de Lui, comme le paralytique ou le centurion d’obéir et de faire immédiatement ce qu’Il nous dit. L’Évangile de Jésus a des passages totalement mystérieux, c’est vrai et nous ne savons pas comment les faire passer dans notre vie. Il en est d’autres qui sont impitoyablement limpides. C’est une fidélité toute simple à ce que nous comprenons aujourd’hui qui nous conduira à comprendre demain ce qui demeure mystérieux. Si tu obéis à ce que tu comprends, tu comprendras tout. »

Après la parabole du semeur, les apôtres demandent à Jésus ce que cela veut dire. Il leur répond : « A vous c’est expliqué mais à ceux du dehors non. Pour qu’ils entendent et n’entendent pas, pour qu’ils voient et ne comprennent pas. »

Ou bien tu écoutes la Parole et tu l’appliques et tu la comprends, ou bien tu la questionnes, et elle demeure totalement mystérieuse et tu tombes dans l’obscurité. Il faut vraiment choisir… »

● Mgr Lafont

« Comment le Liban en est arrivé là ? Les chrétiens ont-ils encore un avenir en terre d’Islam ? »

Pour honorer la mémoire de Monsieur Antoine SFEIR décédé le premier octobre dernier, nous publions ici un résumé de sa conférence donnée à Saint-Jacques en janvier 2008. A l’occasion de l’ouverture du cycle des conférences 2018-2019 à Saint-Jacques, nous avons une pensée spéciale pour ce grand homme, mais aussi pour ces proches et tous ceux et toutes celles qu’il a laissés. A eux nous présentons nos sympathies.

 

« Comment le Liban en est arrivé là ?
Les chrétiens ont-ils encore un avenir en terre d’Islam ? »

Dimanche 13 Janvier 2008 avec M. Antoine SFEIR

La venue d’Antoine Sfeir intra-muros a fait plus que salle comble. Il y avait des personnes debout. D’autres n’ont pu rentrer. (280/300 personnes). C’est dire l’engouement.

D’origine libanaise, Antoine Sfeir est journaliste, directeur de la rédaction de la revue « les cahiers d’Orient », président depuis 1990 du Centre d’études et de réflexions sur le Proche-Orient. Il enseigne au CELSA (Paris IV La Sorbonne), il intervient à l’IHEDN, à l’IHESS et à l’INALCO. Il est l’auteur d’une série d’études sur la région du monde arabe à destination de l’administration française, auteur de nombreux ouvrages sur les religions, sur l’Islam et l’islamisme, sur le communautarisme et la laïcité, sur le Moyen-Orient et sur les raisons véritables qui ont amené les américains à intervenir en Irak. Malgré toutes ces occupations, il a trouvé le temps pour venir nous entretenir sur un sujet ardu. Il s’est même proposé de revenir à Saint Jacques.

La complexité de la situation du pays fait que le nouveau président qui va se faire élire au Liban, ne devra pas être anti-syrien, antisaoudien, anti-français, anti-américain… mais il lui faudra toutefois, être un peu libanais.

« Comment le Liban en est arrivé là ? Et les chrétiens ont-ils encore un avenir en terre d’Islam ? ». Au Liban, aujourd’hui, il n’y a plus de tabou, on dit tout, on sort du mensonge. Mais pour bien comprendre la situation, il faut faire un peu d’histoire. Le pays, dès le IVème siècle, est une terre « refuge ». Il a connu de nombreuses occupations et migrations du fait de sa situation géographique.

– conquête islamique, qui mène le pays à la division en trois branches,
– le retrait des Chiites dans la montagne au VIIème siècle, parce que pourchassés par les Sunnites,
– le grand schisme entre l’Orient et l’Occident.

Rome s’aperçoit qu’il faut faire revenir les brebis perdues au bercail et en 1520 quand la France arrive au Liban, 17 communautés religieuses sont déjà sur place. Ils vont créer le Confessionnalisme : « expression du pouvoir vivre ensemble et du vouloir vivre ensemble ».

La France va doter le Liban d’une infrastructure : le port de Beyrouth. Puis les erreurs vont s’accumuler :
– Chrétiens et Sunnites ne représentent plus la majorité, il manque les Islamistes et les Chiites.
– La réception de 148 000 Palestiniens : main d’œuvre pas chère, installation dans des camps autour des grandes villes, population ayant un titre de séjour mais sans le droit au travail (sauf au noir).
– En 1952, les phalangistes et les étudiants de ce parti vont réclamer une université nationale. Auparavant il existait deux universités dont l’une dirigée par les Jésuites.

Cette université nationale verra le jour mais disposera d’un petit budget. Plus tard, se fera une université arabe.

– En 1954, 54 quotidiens se partagent la presse libanaise, (cela correspondrait en France à 2000 quotidiens). Toutes ces erreurs créent des réticences entre chrétiens et chiites, si bien qu’en 1960
le pays glisse vers le communautarisme. Nasser demande l’aide des Etats-Unis d’Amérique, il a voulu nationaliser le canal de Suez. Puis les Etats-Unis d’Amérique font entrer la France dans la communauté saoudienne. Dès lors, les dictatures vont de succéder.

Juin 1967, c’est la guerre des 6 jours et l’installation stratégique des Etats Unis au Liban. Ce qu’ils veulent, c’est le pétrole, le contrôle de l’aéronautique, des autoroutes de l’information sur le Proche et Moyen-Orient, et quand advient l’éclatement du monde arabe, ce que recherche le E.U. c’est d’être l’interlocuteur de tous les conflits de la région.

En 1975, la guerre s’installe au Liban, c’est l’appel aux armes. On quitte le « vouloir vivre en commun» pour le rejet ou la peur de l’autre. Les chrétiens vont aussi s’impliquer dans cette guerre, car au bout de 8 ans, le conflit devient guerre civile. En 1976, la milice chrétienne était une résistance, après, elle agit comme toutes les autres milices.

Devant la montée en force des Palestiniens, le Président vote un texte qui extrait un territoire du bien national. Ce sont les accords du Caire. Les camps de Palestiniens deviennent des camps de droits communs et c’est qui explique la violence.

En 1992, le Liban profite de la paix des armes, hélas par-dessous surgit une guerre sociale. Dès lors la classe moyenne va disparaître, c’est la loi de la mafia, de l’argent et le conflit libanais devient le conflit des autres.

Malgré tout, Antoine Sfeir garde un certain optimisme pour le Liban, car c’est un pays sans tabou, les chrétiens se retrouvent dans tous les blocs. Aucune cohabitation n’existe entre les grandes communautés musulmanes : chiites, sunnites et druzes. Les chrétiens sont une communauté « tampon ». Ils savent gouverner avec tout le monde. Un regret : la politique actuelle ne fait rien pour retenir les jeunes aux pays.

En conclusion, Antoine Sfeir déclare : « Il a fallu que je devienne citoyen français, laïc et républicain et non pas seulement un citoyen communautaire pour comprendre qu’être Libanais, c’est un message, et pas seulement, c’est aussi une idée et toutes les guerres peuvent tuer des Libanais, quelles que soient leurs confessions, toutes les guerres peuvent tuer des femmes et des hommes, mais aucune guerre n’a encore réussi à tuer une idée ».

Hervé et Janine Quéré
Lettre de Saint-Jacques – Mars 2008.

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