Société des Prêtres de Saint-Jacques

Missionnaires en Haïti, au Brésil et en France

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Témoignage

Semaine de prière pour les vocations :

Témoignage du Père Francklin GRACIA,
Société des Prêtres de Saint-Jacques



Appelé à l’engagement comme prêtre

C’est difficile pour moi de dire comment j’ai su que j’ai été appelé à devenir prêtre. Je me souviens toutefois de la première fois que j’ai dit à mon père que je voulais devenir prêtre. J’étais alors à peine âgé de 6 ou 7 ans. Pourquoi ai-je pensé à cela à cet âge-là ? Peut-être que j’étais tout simplement influencé par le prêtre que je voyais dans ma paroisse, et qui m’avait donné envie d’être comme lui. Mon père l’a bien compris lorsque, réagissant à ma confidence, il me fit quelques remarques du genre : « tu ne sais pas encore ce qu’est un prêtre, peut-être que tu vas vouloir te marier et avoir des enfants … Cependant, prenant au sérieux ma confidence, il m’a promis de m’accompagner dans mon travail de discernement vocationnel. 

De fait, mon père et ma mère m’ont accompagné. Qu’aujourd’hui je sois prêtre et serviteur de l’Église relève de l’initiative souveraine de Dieu qui m’y a appelé dans sa grande bonté et son infinie miséricorde. Entendre son appel, le discerner et y répondre positivement ont nécessité la rencontre et l’aide précieuse de nombreuses personnes, que Dieu lui-même a mises sur mon chemin. Parmi celles-ci, figurent mon père, ma mère, mes frères et sœurs, ainsi que toute la famille. J’ai une reconnaissance éternelle pour mes parents, ma mère dont je suis constamment admiratif et mon Père, décédé – malheureusement – trois mois après que j’ai été ordonné prêtre. Je sais qu’il me regarde là où il est, content de mon engagement sacerdotal.

Vaut ici la peine de mentionner une autre personne qui a joué un rôle important dans ma vie au cours de mon cheminement vocationnel et de ma formation en grand séminaire. Il s’agit de Mgr Serge B. CHADIC. Il a grandement participé à ce que je sois devenu qui je suis aujourd’hui. J’ai été très heureux qu’il ait accepté de donner l’homélie lors de ma première messe à la paroisse Notre Dame de l’Assomption, dans la ville de Petit-Goâve, située dans le département de l’Ouest d’Haïti. Tant de prêtres originaires de ma paroisse et le Père Boniface Sénat – qui m’a présenté au Séminaire – ont été pour moi comme des « Philippe » m’accompagnant, tel « l’eunuque éthiopien », sur le chemin.

Questions et épreuves sur le chemin de la réponse à l’appel du Seigneur

Le temps du discernement vocationnel est marqué par des questions. Les récits bibliques de vocations m’ont rassuré dans mon cheminement, dans les moments où il m’a fallu surmonter quelques doutes et dissiper certaines hésitations. Un prophète comme Jérémie m’a beaucoup aidé. En effet, exerçant son ministère au sixième siècle avant Jésus Christ, celui-ci pensait ne pas être à la hauteur de la mission à laquelle Dieu l’avait appelé (cf. Jr 1, 1-9) : « Ah ! Seigneur mon Dieu ! Vois donc : je ne sais pas parler, je suis un enfant ! » (Jr 1, 6).

Avec le prophète Jérémie, j’ai pu comprendre une chose essentielle : quand le Seigneur appelle pour une mission, il donne également les grâces nécessaires en vue d’y répondre. Surmontant ses doutes, Jérémie a su faire confiance à Dieu, en accueillant son appel : « Seigneur, tu m’as séduit et je me suis laissé séduire » (cf. Jr 20, 7).

La rencontre de l’ange Gabriel et la Vierge Marie a été pour moi une sorte d’école à la confiance en Dieu. Marie n’a pas tout compris mais elle a su faire  confiance à l’ange, qui, à son tour, l’a d’abord rassurée, en lui disant : « Ne crains pas » et, ensuite, en lui révélant que « rien n’est impossible à Dieu ». Ces témoignages bibliques m’ont permis d’évacuer au fur et à mesure qu’elle se présentait, toute peur sur le chemin de ma réponse à l’appel du Seigneur.

Avec Jérémie et la Sainte Vierge Marie, tous les jours et à tout instant, j’entends Dieu me dire « ne crains pas, c’est moi qui t’ai choisi, appelé par ton nom ».

La figure de Jésus

Me frappe beaucoup la figure du Christ appelant les 4 premiers disciples de l’Évangile selon saint Luc. Il les rejoint là où ils en sont, dans leurs activités, dans leur désespoir. Il les rassure et les invite – loin de les laisser gagnés par le découragement – à aller plus loin : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche » (Lc 5, 4). Cette parole me rejoint particulièrement en m’invitant à la confiance. Elle m’a guidé au moment tout spécial où j’allais choisir de rentrer dans la Société missionnaire des Prêtres de Saint-Jacques pour m’y engager au service de la mission de l’Église à l’extérieur de mon pays. Il s’agit d’un choix plutôt difficile pour quelqu’un comme moi, n’ayant jamais vécu auparavant en dehors de ma terre natale. Alors il m’était pratiquement impossible de m’imaginer, rien qu’une seconde, d’être prêtre exerçant mon ministère loin de ma patrie.

Mais l’appel de Jésus a résonné en moi autant que la grâce de pouvoir y répondre m’a été en même temps accordée. Comme Pierre, j’ai été amené à comprendre et à intégrer le fait que la puissance de Dieu me dépasse, et la présence reste souvent insoupçonnée. J’entends encore Jean le Baptiste qui m’en fait prendre conscience quand il déclare : « au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas ».  S’actualisent dans ma vie ces mots de Jésus au futur saint Pierre : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras ».

N’est-ce pas impressionnante la manière propre au Seigneur de nous manifester sa confiance, alors même qu’il connaît bel et bien nos limites et nos chemins. Il nous fait confiance au point de se donner par nos mains, notamment dans la célébration eucharistique. D’ailleurs, je suis moi-même impressionné à chaque fois que je prononce les paroles de la consécration où le pain et le vin sont transformés en corps et sang du Christ. Je suis marqué par cette figure du Christ,  qui nous appelle, nous fait confiance et nous envoie.

Jésus, un Dieu de miséricorde

Pour moi, ce qui me frappe le plus dans l’attitude de Jésus, c’est sa pratique de la miséricorde. Je pense en particulier à l’évangile que nous avons lu, le cinquième dimanche du temps de carême. Il y était question d’une femme prise en flagrant délit d’adultère (cf. Jn 8, 1 – 11). Jésus commence par conduire les uns et les autres à prendre conscience de sa propre situation par rapport au péché. A la foule des gens qui était là et qui lui demandait avec insistance ce qu’il est juste de faire par rapport à la femme adultère, Jésus répond :  « celui qui n’a pas péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre« . Ensuite, s’adressant à la femme, il lui dit : « moi, non plus je ne te condamne pas, va et désormais ne pèche plus ».

La figure miséricordieuse de Jésus me touche beaucoup. Quand je relis ma vie, je croise souvent son regard miséricordieux. Alors je me demande – bien souvent – : que serions-nous sans la miséricorde de Dieu ?

Le Christ, par sa miséricorde, donne sens à ma vie de chrétien et de prêtre. Et c’est seulement l’expérience de la miséricorde de Dieu, dument et continuellement faite, que je puis vivre, comme prêtre, mon engagement pris lors de mon ordination diaconale. A l’évêque qui m’interrogeait « veux-tu implorer avec nous la miséricorde de Dieu pour le peuple qui te sera confié, en étant toujours assidu à la charge de la prière », serein, j’avais répondu oui, en toute conscience et en pleine liberté.

Comme chrétien et comme prêtre, j’ai constamment besoin de me laisser regarder par le Christ. Pour moi, la péricope qui me parle le mieux de Jésus, c’est celle de la rencontre avec cette femme adultère, conduite à faire l’expérience de l’amour inconditionnel de Jésus Christ, lui qui, sans jamais nous condamner, ouvre continuellement devant nous et pour nous de nouveaux chemins, faits de joie, de paix intérieure, d’espérance, en même temps qu’il nous procure le courage nécessaire pour avancer, toujours et encore.

 Ma prière comme prêtre

Ma prière est celle-ci « que je devienne un pont et non un mur ».

 

Francklin Gracia a été ordonné prêtre pour la Société des Prêtres de Saint-Jacques, en août 2018. Il est né à Desbureaux, localité de la commune de Petit Goâve,  en Haïti.

Il est issu d’une famille catholique pratiquante, appartenant à la paroisse saint Michel, de Lefort.

A la fin de ses études classiques, il a entamé une formation en informatique bureautique, qu’il a discontinuée pour s’engager durant de longues années de préparation et de discernement vocationnel. Après son année propédeutique spirituelle, il a suivi les cours du cycle de philosophie durant deux années, au séminaire Notre Dame d’Haïti, dans la banlieue de Port-au-Prince. Après une année de stage pastoral à Port-au-Prince et à Landerneau (France), il a fait quatre années de formation théologique et pastorale au séminaire de Rennes. Aujourd’hui, il est vicaire à la paroisse Saint Melaine, à Pacé, dans l’archidiocèse de Rennes.

Editorial – LLSJ n°217


Chers amis, fidèles lecteurs et lectrices de La Lettre de Saint-Jacques.

Je suis heureux de pouvoir vous présenter ce nouveau numéro de votre périodique, produit dans des conditions assez spéciales, au su de la pandémie du Covid-19 qui continue de sévir dans un nombre important de pays.

Il vous parvient, par ailleurs, en un moment important dans la vie liturgique de l’Église : celui du temps pascal. Au cours de cette période, il nous est offert de rejoindre le Ressuscité dans la Galilée de toutes les rencontres humaines porteuses d’espérance. Et dans ce contexte de confinement dans nos maisons, nous mettre en route vers le Christ prend un sens tout particulier, appelant une démarche plus intérieure.

S’impose à nous d’initier un pèlerinage spirituel en vue d’une solidarité encore plus authentique avec l’humanité entière, aux dimensions de l’Amour. La croissance de notre foi nous donne de nous approcher de l’essentiel, de le découvrir ou le redécouvrir.

Éditer ce numéro dans les circonstances actuel revient à exprimer notre foi, solide et ferme, en un lendemain meilleur. Élargir notre horizon au-delà de nos préoccupations immédiates liées au virus, c’est comme partir en voyage, à la rencontre d’hommes et de femmes qui, ici et là, continuent de lutter, de se donner, construisant avec d’autres cet avenir auquel nous croyons et tenons.

Les nouvelles des Régions où travaillent et vivent nos confrères, jeunes et anciens, nous donnent l’occasion concrète de nous approcher de l’authentique espérance, les yeux levés sur un monde nouveau à naître.

Continuez de prendre bien grand soin de vous et laissez l’espérance dilater vos pensées et votre cœur.

Père Georgino RAMEAU, spsj
Directeur de la Publication

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Jubileu : tempo de celebrar e renovar a vida

Com o Salmista rezemo ou cantamos: «Aclamai o Senhor, ó terra inteira, servi ao Senhor com alegria, ide a ele cantando jubilosos»!(Salmo 99,1) O Jubileu exprime antes de tudo alegria, festa. É um tempo de graça e de salvação, em que Deus chama todos nós, pastores e fiéis, a uma profunda renovação da nossa fé e da nossa vida cristã. Estamos celebrando o compromisso de uma Igreja nascida sob o signo do memorável Concílio Ecumênico Vaticano II, repito, celebrando uma Igreja renovada, fiel e comprometida com a missão, onde o jubileu não é apenas uma festa, mas a atualização da fé, da esperança e da certeza do amor de Deus, considerando este ano, um verdadeiro Kairós ou seja o tempo de Deus, em nossa vida pessoal e comunitária.

Na organização dos dias, meses e anos o ser humano necessita de tempos especiais em que possa recomeçar a vida e rever as relações. Isso porque estruturas de pecado e injustiça se infiltram nas estruturas da sociedade e da religião. A celebração de um Ano Jubilar tem a função de propor às pessoas um recomeço, conferindo a toda nova situação de vida. Como em nossa diocese alguns anos nos separam do Ano Jubilar, é pertinente que vejamos como essa tradição foi se desenvolvendo ao longo do Antigo Testamento e como Jesus se apropriou dela em sua missão. Assim, nossas comunidades também criarão uma saudável expectativa para celebrar os cinquenta anos da Diocese de Umuarama, tempo de graça e Boas‐Novas.

  • O Sábado surge como instituição para o descanso. Ele é questão de justiça: como Deus descansou, todos devem descansar (Ex 34,21; 23,12, por exemplo). Com o passar do tempo o sábado serve para recordar a libertação através do Mar Vermelho, tornando a Páscoa memorial de salvação dos hebreus (Dt 5,12‐15). Durante o exílio, os exilados reivindicavam um dia livre para reconstruir sua consciência e sua fé, uma vez embrutecidos pelo trabalho escravo. “O sábado era importante para reconstruir‐se como pessoa e reconstruir sua identidade como Povo de Deus”.
  • Como o sábado, o Ano Sabático, foi instituído para ser celebrado a cada sete anos, servindo também para o descanso da terra, dos escravos. Aqui o descanso tem profunda relação com a liberdade. Posteriormente, Dt 15,1‐18 fala do perdão das dívidas e da libertação de escravos, regra difícil de ser cumprida ao longo da história.
  •  Após o exílio, aqueles que voltam têm como meta reconstruir o Templo, Jerusalém e as instituições do passado, a fim de preservar a identidade nacional. O profeta Isaías (56 – 66) se opõe a esse projeto por entender que o anúncio de boas notícias aos pobres deve ser a prioridade. Ou seja: a reconstrução da vida do povo é o objetivo do Ano Jubilar (cf. Is 61,1s)! Esse ano se prescreve depois de sete anos sabáticos (7 x 7 = 49). Assim, o ano 50 é ano de libertações e profundas transformações estruturais.

Resumindo: O Sábado, o Ano Sabático e o Ano Jubilar, expressam o desejo de Deus entrar na história humana. Seu ingresso no tempo e no espaço tiram a vida e a rotina da mesmice: trata‐se de um Kairós. As estruturas opressoras que desumanizam os seres humanos quando tocados por Deus são transformadas em geradoras de vida nova! Tudo é restaurado para a liberdade!

O evangelho de Lucas e a teologia desenvolvida em Atos dos Apóstolos se apropriam da imagem do Ano Jubilar para narrar a ação de Jesus, que inaugura um novo tempo! Ao narrar o início da atividade pública de Jesus, Lucas no‐lo apresenta na sinagoga de Nazaré proclamando o Ano da Graça (Lc 4,16‐21). Jesus não priorizará reconstruir estruturas materiais ou colocar o homem a serviço do sábado. Sua ação em prol do Reinado de Deus é o início de um tempo novo, em que as relações entre as pessoas e com Deus ganham novo sentido!

À medida que se aproximava a celebração do Jubileu, as pessoas iam criando uma expectativa de mudança de vida. Um tempo de graça se aproximava. Deus atuaria em breve! Estamos próximos de um novo tempo, desde que deixemos nossa mentalidade mudar, transformada pela luz e força do Espírito Santo. A Igreja no Brasil, nesta perspectiva, nos aponta quatro pilares (DGAE 88-120) para entrarmos num novo modo devser Igreja: (1) Pilar da Palavra: iniciação à vida cristã e animação bíblica da vida e da pastoral; (2)Pilar do Pâo: liturgia e espiritualidae; (3) Pilar da Caridade: serviço à vida plena; (4) Pilar da acão missionária: estado permanente de missão. Diante de tantos e tão grandes desafios, também nós devemos nos perguntar: “Que devemos fazer?”. Somente assim, nós também teremos o que celebrar e com que nos rejubilar em ocasião dos Cinquenta anos da Diocese de Umuarama.

Padre Othon ETIENNE, spsj
Maio de 2020

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Formation des séminaristes

La formation des séminaristes de Saint-Jacques, en France, au Brésil et en Haïti.

Père René Fresnay – Centenaire

Ce premier mai 2020, le Père René Fresnay compte ses 100 ans !


Une grandiose fête devait être organisée à l’occasion, prévue à Loudéac. Mais le Covid-19 est passé par là, et nous oblige à reporter cette fête pour plus tard, à quand cela sera possible. Les Pères de la Maison Générale, Paul Dossous, André Siohan et Maurice Lebastard, ainsi que le Père Michel Ménard, lui ont rendu visite, dans le strict respect de ce qui est permis dans les maisons de retraite ou dans les Ehpad (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes).

Nous avons pu lui souhaiter un heureux anniversaire, en présence des membres du personnel et quelques résidents assistant à distance à ce moment si important pour lui et pour nous. C’est notre premier centenaire parmi les Prêtres de Saint-Jacques. Peut-être s’attirera-t-il des émules?








Anecdotique : l’heureux centenaire n’a pas compris les gestes barrières que nous tenons tant à respecter, surtout au moment où il fallait prendre des photos souvenirs avec lui.

Le Père René Fresnay avait également des mots gentils de la part de sa famille et de ses proches. Celui lui a fait un énorme plaisir, proche d’une fierté à peine retenue.

Ancien missionnaire en Haïti, le Père René a rejoint la maison de retraite Saint-Jacques, voici une trentaine d’années, avant de la quitter pour une maison familiale à Loudéac, où des amis et des voisins l’ont si bien accompagné et soutenu. A l’approche de ses cent ans, il est revenu à la maison de retraite Saint-Jacques, en Guiclan, où il continue de vivre paisiblement sa vie, alimentée par ses régulières lectures et ses prières quotidiennes. Il ne se déplace plus beaucoup, sinon en fauteuil, et connaît beaucoup de difficultés à cause de ses vieilles oreilles. Cela ne l’empêche d’être toujours accueillant, souriant, et courtois.

Rendons grâce à Dieu pour ce beau cadeau qu’il lui fait, en plus de tant d’autres grâces, de parvenir à cette centième année.

Longue et heureuse vie au Père René Fresnay!

Les paroles de la vocation

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
POUR LA 57éme JOURNÉE MONDIALE
DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS
(3 mai 2020)

Les paroles de la vocation

Chers frères et sœurs !

Le 4 août de l’année dernière, lors du 160ème anniversaire de la mort du saint Curé d’Ars, j’ai voulu offrir une lettre aux prêtres qui, chaque jour consacrent leur vie à l’appel que le Seigneur leur a adressé, au service du peuple de Dieu.

À cette occasion, j’avais choisi quatre paroles-clés – souffrance – gratitude – courage et louange – pour remercier les prêtres et soutenir leur ministère. J’estime qu’aujourd’hui, en cette 57ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, ces paroles peuvent être reprises et adressées à tout le Peuple de Dieu, sur le fond d’un passage évangélique qui nous raconte la singulière expérience survenue à Jésus et Pierre, durant une nuit de tempête sur le lac de Tibériade (cf. Mt 14, 22-33).

Après la multiplication des pains, qui avait enthousiasmé la foule, Jésus ordonna à ses disciples de monter dans la barque et de le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. L’image de cette traversée sur le lac évoque, en quelque manière, le voyage de notre existence. La barque de notre vie, en effet, avance lentement, toujours agitée parce qu’à la recherche d’un lieu d’accostage favorable, prête à affronter les risques et les opportunités de la mer, mais aussi désireuse de recevoir du timonier un virage qui conduise finalement vers la bonne direction. Mais parfois, il peut arriver qu’elle s’égare, qu’elle se laisse aveugler par les illusions, au lieu de suivre le phare lumineux qui la conduit à bon port, ou d’être défiée par les vents contraires des difficultés, des doutes et des peurs.

Il en est de même aussi dans le cœur des disciples, lesquels, appelés à suivre le Maître de Nazareth, doivent se décider à passer sur l’autre rive, en choisissant avec courage d’abandonner leurs sécurités et de se mettre à la suite du Seigneur. Cette aventure n’est pas tranquille : la nuit arrive, le vent contraire souffle, la barque est ballotée par les vagues, et la peur de ne pas y arriver et de pas être à la hauteur de l’appel risque de les dominer.

L’Évangile nous dit, cependant, que dans l’aventure de ce voyage difficile, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur, presqu’en forçant l’aurore au cœur de la nuit, marche sur les eaux agitées et rejoint les disciples, il invite Pierre à venir à sa rencontre sur les vagues, il le sauve quand il le voit s’enfoncer, et enfin, il monte dans la barque et fait cesser le vent.
La première parole de la vocation, alors, est gratitude. Naviguer vers le juste cap n’est pas une tâche qui relève de nos seuls efforts, et ne dépend pas seulement des parcours que nous choisissons de faire. La réalisation de nous-mêmes et de nos projets de vie n’est pas le résultat mathématique de ce que nous décidons dans un « moi » isolé ; au contraire, elle est avant tout la réponse à un appel qui vient d’En-Haut. C’est le Seigneur qui nous indique le rivage vers lequel aller et qui, bien avant, nous donne le courage de monter sur la barque ; alors qu’il nous appelle, c’est lui qui se fait aussi notre timonier pour nous accompagner, nous montrer la direction, nous empêcher de nous échouer dans les écueils de l’indécision et nous rendre même capables de marcher sur les eaux agitées.

Toute vocation naît de ce regard aimant par lequel le Seigneur est venu à notre rencontre, peut-être alors même que notre barque était en proie à la tempête. « Plus qu’un choix de notre part, la vocation est la réponse à un appel gratuit du Seigneur » (Lettre aux prêtres, 4 août 2019) ; c’est pourquoi, nous réussirons à la découvrir et à l’embrasser, quand notre cœur s’ouvrira à la gratitude et saura saisir le passage de Dieu dans notre vie.

Quand les disciples voient Jésus s’approcher en marchant sur les eaux, ils pensent d’abord qu’il s’agit d’un fantôme et ils ont peur. Mais aussitôt Jésus les rassure par une parole qui doit toujours accompagner notre vie et notre chemin vocationnel : « Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (v.27). Justement c’est la seconde parole que je voudrais vous confier : courage.
Ce qui souvent nous empêche de marcher, de grandir, de choisir la voie que le Seigneur trace pour nous, ce sont les fantômes qui s’agitent dans notre cœur. Quand nous sommes appelés à laisser notre rivage de sûreté et à embrasser un état de vie – comme le mariage, le sacerdoce ordonné, la vie consacrée –, la première réaction est souvent représentée par le « fantôme de l’incrédulité » : ce n’est pas possible que cette vocation soit pour moi ; s’agit-il vraiment du juste chemin ? le Seigneur me demande-t-il vraiment cela ?
Et, peu à peu, croissent en nous toutes ces considérations, ces justifications et ces calculs qui nous font perdre l’élan, qui nous troublent et nous paralysent sur le rivage de départ : nous pensons avoir fait fausse route, ne pas être à la hauteur, avoir simplement vu un fantôme à chasser.

Le Seigneur sait qu’un choix fondamental de vie – comme celui de se marier ou de se consacrer de façon spéciale à son service – nécessite du courage. Il connaît les interrogations, les doutes et les difficultés qui agitent la barque de notre cœur, et c’est pourquoi il nous rassure : « N’aie pas peur, je suis avec toi ! ». La foi en sa présence, qui vient à notre rencontre et nous accompagne, même quand la mer est en tempête, nous libère de cette acédie que j’ai déjà eu l’occasion de définir comme une « douce tristesse » (Lettre aux prêtres, 4 août 2019), c’est-à-dire ce découragement intérieur qui nous bloque et ne nous permet pas de goûter la beauté de la vocation.

Dans la Lettre aux prêtres, j’ai parlé aussi de la souffrance, mais ici je voudrais traduire autrement ce mot et me référer à la fatigue. Toute vocation comporte un engagement. Le Seigneur nous appelle parce qu’il veut nous rendre comme Pierre, capables de « marcher sur les eaux », c’est-à-dire de prendre en main notre vie pour la mettre au service de l’Évangile, dans les modes concrets et quotidiens qu’il nous indique, et spécialement dans les diverses formes de vocation laïque, presbytérale et de vie consacrée. Mais nous ressemblons à l’Apôtre : nous avons le désir et l’élan, cependant, au même moment, nous sommes marqués par des faiblesses et des craintes.

Si nous nous laissons emporter par la pensée des responsabilités qui nous attendent – dans la vie matrimoniale ou dans le ministère sacerdotal – ou par les épreuves qui se présenteront, alors nous détournerons vite notre regard de Jésus et, comme Pierre, nous risquerons de couler. Au contraire, même dans nos fragilités et nos pauvretés, la foi nous permet de marcher à la rencontre du Seigneur Ressuscité et de vaincre même les tempêtes. En effet, il nous tend la main quand, par fatigue ou par peur, nous risquons de couler, et il nous donne l’élan nécessaire pour vivre notre vocation avec joie et enthousiasme.

Enfin, quand Jésus monte sur la barque, le vent cesse et les vagues s’apaisent. C’est une belle image de ce que le Seigneur opère dans notre vie et dans les tumultes de l’histoire, spécialement quand nous sommes dans la tempête : Il commande aux vents contraires de se calmer, et les forces du mal, de la peur, de la résignation n’ont plus pouvoir sur nous.

Dans la vocation spécifique que nous sommes appelés à vivre, ces vents peuvent nous épuiser. Je pense à ceux qui assument d’importantes charges dans la société civile, aux époux que, non pas par hasard, j’aime définir comme « les courageux », et spécialement à ceux qui embrassent la vie consacrée et le sacerdoce. Je connais votre fatigue, les solitudes qui parfois alourdissent le cœur, le risque de l’habitude qui petit à petit éteint le feu ardent de l’appel, le fardeau de l’incertitude et de la précarité de notre temps, la peur de l’avenir. Courage, n’ayez pas peur ! Jésus est à côté de nous et, si nous le reconnaissons comme l’unique Seigneur de notre vie, il nous tend la main et nous saisit pour nous sauver.

Et alors, même au milieu des vagues, notre vie s’ouvre à la louange. C’est elle la dernière parole de la vocation, et elle veut être aussi l’invitation à cultiver le comportement intérieur de la sainte Vierge Marie : reconnaissante pour le regard de Dieu qui s’est posé sur elle, confiant dans la foi ses peurs et ses troubles, embrassant avec courage l’appel, elle a fait de sa vie un éternel chant de louange au Seigneur.

Chers frères et sœurs, spécialement en cette Journée, mais aussi dans l’action pastorale ordinaire de nos communautés, je désire que l’Église parcoure ce chemin au service des vocations, en ouvrant des brèches dans le cœur de chaque fidèle, pour que chacun puisse découvrir avec gratitude l’appel que Dieu lui adresse, trouver le courage de dire « oui », vaincre la fatigue dans la foi au Christ et, enfin, offrir sa vie comme un cantique de louange pour Dieu, pour les frères et pour le monde entier. Que la Vierge Marie nous accompagne et intercède pour nous.

Rome, Saint Jean de Latran,
8 mars 2020, deuxième dimanche de Carême.

François

Journées mondiales pour les vocations

Haïti – Séminaristes St-Jacques

La formation des séminaristes
de Saint-Jacques en Haïti,
au temps du covid-19


Séminaristes en deuxième et troisième année de théologie – à Port-au-Prince/Haïti 2020


Séminaristes de Saint-Jacques – 1ère et 2ème année – cycle de philosophie / Port-au-Prince – Haïti/2020


Jeunes en Année Propédeutique spirituelle Saint-Jacques – Port-au-Prince/ Haïti – 2020


Séminaristes de Saint-Jacques – Haïti 2020


L’année académique avait très mal débuté en Haïti. Le phénomène « Peyi Lock » – pays bloqué – avait empêché l’ouverture des écoles, tout comme le Grand Séminaire Notre Dame d’Haïti, ainsi que l’Année Propédeutique Saint-Jacques. Les Responsables de l’équipe de formation Saint-Jacques avaient déployé beaucoup d’énergie pour concevoir et mettre en œuvre un plan d’accompagnement des séminaristes. Durant la période d’octobre à décembre 2019, ceux-ci ont pu rejoindre des paroisses d’accueil, ayant ainsi empêché qu’ils restent dans leur famille et à leur charge. L’accalmie politique connue en fin décembre jusqu’au mois de mars, malgré l’insécurité politique et économique qui a continué à sévir au pays, les écoles ont pu recommencer à fonctionner. Les séminaristes ont pu faire leur rentrée en janvier, ainsi que les jeunes en Année propédeutique.

Les membres de l’équipe de formation ont pu relancer les activités. Ils ont ainsi revu l’ensemble des programmes et le calendrier, conformément aux données dont ils disposaient. Dans ce contexte, le Père Georgino RAMEAU a pu animer deux sessions de formation : l’une pour les six jeunes propédeutes, et l’autre pour les séminaristes des deux cycles de philosophie et de théologie.

Durant une semaine, à la Propédeutique Saint-Jacques à Fontamara, les jeunes propédeutes ont été initiés à la Bible et à la vie liturgique. Un programme dense mais pédagogique offrait à ceux-ci de découvrir les Saintes Écritures à partir de son enracinement dans l’histoire du Peuple élu dans le contexte du monde oriental ancien et gréco-romain. L’initiation à la liturgie touchait à la fois le fond de la prière de l’Église et l’art de prier individuellement et communautairement. Cette formation théorique et pratique fut bien accueillie par les jeunes, très motivés dans leurs démarches.

Avec les 17 séminaristes pour les deux cycles de philosophie et de théologie, le Père Georgino a travaillé durant un week-end des questions autour de l’engagement au sein de la Société des Prêtres de Saint-Jacques. Profitant des bonnes dispositions des séminaristes, il est allé aussi loin qu’il était possible dans la réflexion, pour permettre aux aspirants missionnaires haïtiens de Saint-Jacques de découvrir à la fois les exigences de leur vocation, mais aussi toute la joie promise.

Le Père Georgino garde un très bon souvenir de ce temps passé avec les jeunes séminaristes. Il les trouve motivés, avec de très bonnes dispositions pour poursuivre à la fois leur préparation vers l’engagement à la vie missionnaire, mais aussi assoiffés de choses belles et de qualité. Il note aussi combien les événements de ces dernières années impactent la vie des jeunes. Au regard de ce qu’il a perçu, le Père Georgino pense qu’il sera nécessaire qu’un travail d’évaluation soit entrepris pour cerner l’impact des crises connues par le pays sur les jeunes pour pouvoir penser en connaissance de cause la formation des futurs prêtres missionnaires de Saint-Jacques haïtiens, formés en Haïti.

Réalisée deux jours avant l’ordination presbytérale de Carl Enderchine Jeanty Maisonneuve et Wikenson Jacques, la session des séminaristes aura également permis de voir les bonnes dispositions à servir de ces derniers, mais aussi leur joie de vivre et leur bonne humeur, en dépit de tout.

Il convient de souligner, en conclusion de cet article l’inventivité, la créativité, le courage et la générosité des formateurs acceptant d’assumer cette lourde responsabilité qui leur est confiée de préparer l’avenir. Nous ne les oublions pas. Nous les portons dans nos pensées et dans nos prières.

Aujourd’hui, à cause du covid-19, le grand séminaire a dû fermer ses portes et renvoyé les séminaristes. Mal commencée, l’année académique 2019-2020 n’aura pas été bonne pour nos jeunes. Au moment où nous rédigeons ces lignes, aucune décision n’a été communiquée quant à la gestion de cette situation de la part des Responsables du grand séminaire Notre Dame d’Haïti. Pour ce qui concerne la Société des Prêtres de Saint-Jacques, vu le départ de l’Année propédeutique Saint-Jacques, les jeunes sont renvoyés dans leur famille. Accompagnés à distance, autant que possible, ils seront appelés à reprendre entièrement l’année, dès que la situation sanitaire le permettra.

En ce qui concerne les séminaristes, ce sera vraisemblablement la même solution qui sera appliquée.

Encore une fois, nous les confions à vos prières.

P. Georgino RAMEAU, SPSJ – avril 2020

Campangne de la Fraternité 2020


Dans la tradition de l’Église au Brésil, le mercredi des Cendres est une étape importante sur deux points. En premier lieu, il marque le début du carême, période de 40 jours préparant les chrétiens à la solennité de Pâques, et en deuxième, l’ouverture de la campagne de la Fraternité (CF), proposée par la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) depuis 1964, et qui réfléchit tous les ans sur un thème de réflexion et de travail à l’ensemble de l’Église du pays.

Organisée durant le Carême, la « campagne de fraternité » se veut être une retraite de conversion ( metanoia, en grec) pour tous les baptisés.

En effet, la conversion engage l’homme et tout l’homme. Elle ne se résume pas à un inventaire des performances en matière de jeûne, de prière et de partage. Jésus n’attend pas de nous la tenue d’une comptabilité de nos exploits au terme de 40 jours de carême. Le rite de l’imposition des cendres à l’entrée en carême : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 15) est un geste pénitentiel qui marque la reconnaissance de notre situation de pécheurs et nous rappelle également notre condition de créature, ce que l’orgueil voudrait toujours nous faire oublier. Avec l’invitation à « croire à l’Évangile », la conversion demandée au début du chemin quadragésimal se précise. Il ne s’agit pas d’une simple conversion morale, d’une simple modification de nos comportements. L’enjeu est infiniment plus important et essentiel. Nous sommes invités à recevoir l’annonce de la Bonne nouvelle d’un salut qui nous est offert gratuitement, à l’accueillir, à suivre le Christ qui vient jusqu’à nous et en qui le règne de Dieu s’approche de nous.

Au 5e siècle, le Pape Léon le Grand exhortait déjà les croyants à faire la critique de leur propre état d’esprit et à faire un examen attentif des sentiments intimes de leur cœur. S’ils trouvent au fond de leur conscience quelque fruit de la charité, qu’ils ne doutent pas que Dieu est en eux. Pour devenir de plus en plus capables d’accueillir un hôte si grand, qu’ils persévèrent et qu’ils grandissent dans la miséricorde par des actes. Si en effet l’amour est Dieu, la charité ne doit connaître nulle borne, car aucune limite ne peut enfermer la divinité. (Sermon 48, 2 – 5).

Revenons à l’Eglise du Brésil ! Comment parvient-elle à organiser et à maintenir cette campagne dite de Fraternité ? quelle est la genèse de cette campagne ? Qui a eu cette intuition ? Quels en sont les enjeux ? Quel en est ?

En 1961, trois prêtres responsables de la Caritas Brésilienne ont conçu une campagne de collecte de fonds pour des activités sociales. L’activité a été baptisée campagne de fraternité et a été réalisée pour la première fois durant le carême de 1962, à Natal, État de Rio Grande do Norte. L’année suivante, seize diocèses du Nord-Est ont mené la campagne, et bien qu’ils n’aient pas été couronnés de succès, cette action a été l’embryon d’un projet annuel de la CNBB et de Église du Brésil, mené à la lumière et dans la perspective des Orientations Générales de l’Action pastorale de l’Église du pays. Depuis lors, la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) organise chaque année la campagne de la Fraternité pendant le carême.

L’un des principaux objectifs de la campagne est d’éveiller la solidarité des fidèles et de l’ensemble de la société face à un problème concret qui concerne tout le monde, et donc d’y rechercher une solution. Chaque année, un nouveau thème est choisi qui définira la réalité concrète à transformer, en plus d’une devise qui aide à illustrer le chemin à parcourir. Ce geste s’exprime à travers la collecte de solidarité, organisée le dimanche des Rameaux, dans toutes les communautés chrétiennes catholiques, sur l’ensemble du territoire national.
Il faut aussi rappeler les chants liturgiques composés et chantés durant ce temps. Imaginez 130 millions de fidèles chanter les mêmes cantiques dans 278 Diocèses ! Quel spectacle ! quelle symphonie ! Ceci dénote un grand et beau témoignage de communion ecclésiale.

Le thème proposé en 2020 est « Fraternité et vie : don et engagement ! ». Quatre mots d’une signification profonde. Fraternité : parenté, solidarité entre frères, harmonie entre humains. La vie : elle renvoie à un concept très large, mais ici la vie est en consonnance avec l’existence. Don : signifie cadeau, quelque chose de gratuit. Engagement : c’est la responsabilité. Aussi la Campagne invite-elle donc les chrétiens à prendre soin de la vie ! La vie dans ses différentes dimensions : personnelle, communautaire, sociale, écologique, politique. Le slogan « le vit, fut pris de pitié et pris soin de lui » est inspiré de la Parabole du Bon Samaritain (Lc 10, 33-34). En effet, le document de base relate la mission et l’oeuvre de Santa Dulce dos Pobres, (Sainte Dulce des pauvres) récemment canonisée.

Voir, ressentir de la compassion et de l’attention sont les verbes d’action qui mèneront ce temps de carême. Pour cela, le texte de base, divisé en trois parties, invite chaque personne, chaque groupe pastoral, mouvement, association, l’Église particulière et tout le Brésil, motivé par la Campagne de Fraternité, à voir la révolution des soins, du zèle et de la préoccupation renforcée et donc de la fraternité.

Ce regard attentif doit d’abord répondre à des questions angoissantes : que nous est-il arrivé ? Pourquoi voyons-nous et laissons-nous grandir tant de formes de violence, d’agression et de destruction ? Avons-nous vraiment perdu la valeur de la fraternité ? « Regardez la terre, voyez combien de mal ! ».

IL LE VIT

Dans la parabole du bon Samaritain (Luc 10, 25-37), le prêtre et le Lévite se détournent du blessé, car ils n’ont pas de temps pour lui. Mais le Samaritain s’approche de la victime et, rempli de compassion, met à sa disposition son temps et son argent, restant avec lui à l’auberge. Il paye toutes les dépenses et promet de rembourser à l’aubergiste tout ce qu’il aura dépensé de plus pour soigner l’homme blessé.
Le regard du prêtre et du lévite sont ceux de l’indifférence. Un regard qui menace la vie. C’est un regard qui tue, blesse et vole la dignité des gens. Et quels sont ces regards qui tuent et affectent la vie ? L’avortement, la migration forcée et les guerres qui génèrent des milliers d’enfants orphelins. Le chômage qui affecte 27 millions de Brésiliens. Le travail précaire qui atteint 41% des travailleurs. La misère qui ronge plus de 15 millions de personnes. Le suicide, quatrième cause de décès chez les jeunes. La Violence routière avec ses 19398 décès, seulement au premier semestre de 2018. Le Brésil est le quatrième pays au monde en matière de décès par violence routière.

Le regard du Samaritain – C’est le regard de la solidarité, du service et de l’engagement. Dans la scène où les assaillants ont vu une opportunité de profit facile, le Lévite et le prêtre ont vu une possible « entrave » à leurs programmes préétablis, le Samaritain a vu un frère qui avait besoin de soins urgents et immédiats. Il y a trouvé une occasion unique et sans précédent d’aimer.

IL FUT PRIS DE PITIE

Ressentir de la compassion, c’est s’approcher du Christ et, dans le même mouvement, se pencher vers les autres et construire une relation de révérence et de fraternité avec les biens de la création. Que faire face à tant de maux ? Les disciples et amis de Jésus sont au service de la vie. Ils rompent avec l’indifférence et visent la justice. La miséricorde est le mouvement du cœur qui est prêt pour la rencontre. C’est une initiative qui vient de Dieu, manifestée en Jésus-Christ, lorsque la toute-puissance divine touche la fragilité humaine de l’intérieur et de l’intérieur de chaque cœur humain appelé à devenir doux et humble tout comme le cœur de Jésus. Elle motive l’égalité et la justice. Vaincre la faim, le découragement social et économique, la dégradation de l’écosystème et la culture du jetable est la responsabilité de tous ! Le but de la vie chrétienne est de promouvoir la solidarité dans la construction du Royaume de Dieu. La restauration, la restitution, la reconstruction et la conversion sont des pratiques étroitement liées au carême et à la spiritualité chrétienne, attitudes qui nécessitent un engagement individuel et communautaire, ainsi que l’organisation, la coresponsabilité et l’engagement.

IL PRIT SOIN DE LUI

« Que chaque être humain ait la vie et la vie en abondance » (Jean 10:10). La campagne est une invitation à regarder vers la solidarité. La mission de Jésus est de révéler au monde le visage de la miséricorde et de la justice de Dieu. Promouvoir la justice est un acte de foi. La charité est le vrai sens de la vie. La charité sociale nous amène à aimer le bien commun. La justice ne sera jamais déconnectée de la charité.

L’être humain, qui reçoit l’affection divine et qui est appelé à cultiver la création, est également appelé à prendre soin de la vie avec l’affection divine sous toutes ses formes et expressions (Psaume 8, 4). La personne qui reçoit vraiment l’affection divine a le sentiment que nous sommes tous frères, indépendamment de l’origine ethnique, de la position sociale ou de la nationalité.

Nous devons être conscients que la vie est essentiellement samaritaine : elle prend soin de l’autre dans son sens le plus radical. Ce n’est qu’en Jésus-Christ et par son intermédiaire que nous apprenons à prendre soin et à être soignés.

Le Pape François nous exhorte en ces termes : « nous ne pouvons pas céder à l’obscurité de la déception, de la fatigue ou du désespoir. Le monde bouge grâce à des hommes et des femmes qui ont ouvert des fissures dans les murs, qui ont construit des ponts, qui ont rêvé et cru, même lorsqu’ils ont entendu autour d’eux des mots décourageants ou des critiques destructrices ».

– Le chrétien doit se sentir responsable de la vie de chacun et de ce monde, la Terre, notre maison commune. Qu’ils aient toujours le courage de la vérité, se souvenant toujours qu’ils ne sont supérieurs à personne. Chrétiens, cultivez des idéaux et ne vous découragez pas : si vous êtes tombé, levez-vous. Si l’amertume touche votre cœur, cherchez à prier pour être guéri par la tendresse de Dieu.

Dans cette Campagne de Fraternité 2020, nous sommes appelés à voir, à faire preuve de solidarité et à prendre soin de la vie qui en souffre. Nous marchons avec confiance vers un nouveau ciel et une nouvelle terre. Le carême est un temps pour découvrir la tendresse qui révèle le visage maternel du Dieu amoureux de l’être humain. Ce temps stimule à aimer, a prendre soin et accepter les autres. Le carême devrait stimuler l’Église à sortir d’elle-même, pour être celle qui va aux périphéries sans craindre de salir les sandales. Servir ! Voir ! Ressentir de la compassion et prendre soin de la vie est l’authentique programme de carême.

Pe Othon Etienne, spsj,
Curé de la Paroisse Santa Clara de Umuarama – Paraná/Brésil.



Hymne de la Campagne de fraternité 2020 / Hino da Campanha da Fraternidade de 2020

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