Auteur/autrice : missionstjacques (Page 3 of 59)

La Toussaint – Histoire

La Toussaint : sens et origine

D’où vient la Toussaint ? Pourquoi fait-on mémoire des saints ? Qu’est-ce que la communion des saints ? Réponse de Greg Dues, auteur du « Guide des traditions et coutumes catholiques » (Bayard). Publié le 18 septembre 2017.

D’où vient la Toussaint ?

À L’époque pré-chrétienne, les païens célébraient des rites pour leurs défunts, après les dernières récoltes à la fin de l’automne. Ces coutumes ont probablement incité les chrétiens à en faire autant.

Le mois de novembre est traditionnellement consacré au thème de la mort et aux défunts. Il débute avec la solennité de Tous les Saints le Ier novembre, et le 2 est dédié à tous les fidèles défunts.

Il n’y a rien de surprenant à ce que le thème de la mort soit associé au mois de novembre dans le contexte de l’hémisphère Nord. Les récoltes sont achevées, la nature est en train de « mourir », le temps froid et l’hiver s’installent, les nuits tombent de plus en plus vite et s’allongent.

La solennité de Tous les saints, célébrée encore aujourd’hui comme une fête d’obligation le 1er novembre, remonte aux premiers siècles. Elle fut instituée pour commémorer les martyrs dont le nombre était inconnu et qui, de ce fait, ne pouvaient être gratifiés d’une fête particulière.

La communion avec les saints

La foi concrète manifestée à l’égard des saints ne fait qu’exprimer la compréhension que l’Église a d’elle-même : elle est le lieu de la rencontre et de la communion entre les disciples du Christ.

Cette conviction. qui était déjà celle du Symbole des Apôtres au 5ème siècle, s’enracine dans une pratique populaire bien antérieure. Le Symbole évoque l’Église comme la communauté ou la communion de tous les croyants, qu’ils soient vivants ou morts, tous appelés par Dieu et transformés dans le Christ et l’Esprit.

Cette communion se réalise tout particulièrement quand les chrétiens se rassemblent pour célébrer l’eucharistie. Dans le langage traditionnel, cette communauté des croyants est composée de l’Église triomphante (les saints du ciel) de l’Église pérégrinante (les chrétiens qui cheminent sur cette terre) et de l’Église souffrante (ceux qui sont au purgatoire).

Vatican II réaffirme cette doctrine. « En effet, tous ceux qui sont au Christ et possèdent son esprit constituent une seule Église et se tiennent mutuellement comme un tout dans le Christ. Donc, l’union de ceux qui sont encore en chemin avec leurs frères qui se sont endormis dans la paix du Christ ne connaît pas la moindre intermittence ; au contraire, selon la foi constante de l’Église, cette union est renforcé par l’échange de biens mutuels » (Constitution dogmatique sur l’Église).

Le culte des saints

Jusqu’au Ve siècle, les saints étaient honorés dans la ville ou le village où ils avaient vécu on bien achevé leur pèlerinage terrestre. Chaque localité avait sa liste de saints et conservait un récit de la mort de ses martyrs, confesseurs, évêques (souvent martyrs ou confesseurs) et autres saints, hommes et femmes. Mention était faite de leur nom au cours de la prière eucharistique.

Dans les grandes villes où la population chrétienne était importante et la persécution particulièrement sévère, comme à Rome et à Antioche, l’Église confia à des notaires le soin de garder ces récits, Pendant certaines persécutions, le nombre des martyrs fut si grand que seuls les plus connus restèrent dans les mémoires. Les autres étaient honorés à l’occasion d’une fête de Tous les Martyrs, et cela dès le Ve siècle.

Cette fête allait devenir notre Toussaint, ou solennité de Tous les saints.

Au Ve siècle, les Églises locales commencèrent à s’emprunter mutuellement leurs listes de saints, retenant les noms de ceux dont la mission avait en une portée « universelle ». Cette pratique s’accompagnait souvent d’un partage de reliques (un morceau du corps du saint), celles-ci étant considérées comme un gage de protection particulier pour la communauté. Une célébration annuelle était alors instituée on l’honneur de ces saints patrons.

Si certaines Églises locales empruntèrent leurs saints aux autres Églises, c’est tout simplement qu’elles n’en avaient pas. Tel fut le cas des tribus germaniques après leur conversion, qui empruntèrent la liste de Rome, puisqu’elles n’avaient aucun passé chrétien à se remémorer.

Par la suite elles y ajoutèrent les noms de leurs propres saints et saintes. C’est au cours du Moyen Âge que l’Église arrêta la liste des saints dont la vie et la mission avaient un sens pour toute l’Église.

Au Xe siècle, un consensus se lit autour des apôtres et évangélistes (Matthieu, Marc, Luc et Jean), puis, au XIe siècle, autour des papes martyrs. La liste romaine finit par inclure des saints appartenant a d’autres Églises locales, et par devenir représentative de l’Église universelle.

Quand les Églises locales adoptèrent les livres liturgiques venus de Rome, elles adoptèrent aussi la liste de ses saints. À la fin du XIIe siècle, on ajouta des saints « modernes» aux anciens. Le premier d’entre eux fut Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry. mort martyr en 1170.  Les autres appartenaient à des ordres religieux nouvellement fondés, comme les franciscains ou les dominicains.

Malheureusement, cette propension à vénérer des saints issus du clergé et de la vie religieuse laissait entendre qu’une sainteté héroïque ne pouvait être le fait que des responsables d’Église, ou des personnes préservées des soucis domestiques ou séculiers. Cette tendance a canoniser des clercs ou des religieux a perduré

Mais on considère aujourd’hui comme une priorité de canoniser des saints issus du laïcat, hommes et femme pour rééquilibrer les choses.

Les saints intercèdent pour nous près du Christ

La tradition la plus populaire associée à la vénération des saints est de leur adresser une prière, pour leur demander d’intercéder auprès de Dieu on vue d’obtenir une grâce particulière.

Cette pratique résulte en grande partie de l’insistance quasi exclusive sur la divinité du Christ, au détriment de son humanité. Du coup, Les chrétiens en vinrent à se sentir plus à aise avec des intercesseurs faits de la même pâte humaine qu’eux.

Cela dit, le fait de prier les saints n’équivaut pas à nier le rôle médiateur du Christ.

Vatican II a tout à la fois assumé et clarifié cette tradition « Car, admis dans la patrie céleste et présents au Seigneur (voir 2 Corinthiens 5, 8), par lui, avec lui et on lui, ils ne cessent d’ intercéder pour nous auprès du Père, offrant les mérites qu’ils ont acquis sur terre par l’unique Médiateur de Dieu et des hommes, le Christ Jésus (voir 1 Rois 2, 5), servant le Seigneur en toutes choses et complétant en leur chair ce qui manque aux souffrances du Christ on faveur de son Corps qui est l’Église (voir Colossiens 1, 24). Ainsi leur sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre infirmité. » (Constitution dogmatique sur l’Église 49).

À l’époque moderne, les chrétiens se mirent à prier plus particulièrement tel ou tel saint en fonction de la cause à laquelle il était associé. Sainte Anne, par exemple, devint la patronne des femmes enceintes et saint Antoine de Padoue, le spécialiste des objets perdus. Quant à sainte Rita, on lui confie les causes désespérées.

A la messe, l’Église fait mémoire des saints

Faire mémoire, au cours de la célébration de l’eucharistie est une ancienne tradition; c’est refuser que la mort fasse plonger dans l’oubli. C’est être dans la pulsion de vie.

Une vieille le tradition consiste à rappeler le souvenir des saints on mentionnant leurs noms au cours de la prière eucharistique. Cette pratique est toujours en vigueur aujourd’hui.

La première prière eucharistique a gardé l’ancienne liste romaine que le célébrant est libre d’abréger s’il le juge bon : « dans la communion de toute l’église, nous voulons nommer en premier lieu la bienheureuse Marie toujours vierge, Mère de notre Dieu et Seigneur Jésus Christ ; saint Joseph, son époux, les saints apôtres et martyrs Pierre et Paul, André, Jacques et Philippe, Barthélemy et Matthieu, Simon et Jude, Lin, Clet, Clément, Sixte, Corneille et Cyprien, Laurent, Chrysogone, Jean et Paul, Côme et Damien et tous les saints. Accorde-nous par leurs prières et leurs mérites, d’être, toujours et partout, forts de ton secours et de ta protection ».

Un peu plus loin, le célébrant poursuit : « et nous ; … admets-nous dans la communauté des bienheureux apôtres et martyrs, de Jean-Baptiste, Étienne, Matthias et Barnabé (Ignace, Alexandre, Marcellin et Pierre, Félicité et Perpétue, Agathe, Lucie, Agnès, Cécile, Anastasie) et de tous les saints. »

Chaque jour, l’Église commémore plusieurs saints

Dans le calendrier, le saint du jour est l’un des saints choisi parmi ceux proposés par l’Église. Chaque jour, l’Église honore plusieurs saints et bienheureux : ceux du calendrier romain (sanctoral romain), ceux des calendriers diocésains et ceux du calendrier des églises orientales (synaxaire).

Chaque jour, dans la liturgie de l’Église, un saint est célébré. Souvent en quelques lignes, son témoignage et sa vie nous sont résumés en introduction aux lectures du jour dans nos missels ou autres livrets. Prendre le temps de les lire, nous donne de colorer différemment la lecture de l’Évangile du jour et de faire connaissance avec nos frères aînés dans la foi. Lors des baptêmes, de la liturgie pascale, des professions religieuses et des ordinations, la litanie des saints est chantée. Elle nous remet en mémoire la longue histoire d’un peuple en marche. Nous prenons notre place dans ce cortège que forme la multitude des saints au long des siècles : saints reconnus et célébrés par l’Église, mais aussi saints anonymes dont l’offrande humble demeure cachée.

Greg Dues, auteur du « Guide des traditions et coutumes catholiques »
(Source: Croire.com) -& 
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Agrégation définitive et ordination diaconale – Brésil 2022

 

Les séminaristes CÉNÉIS Wenter, JEAN Ricardo, JOSEPH Raphaël & MERVILUS Marc-Germain ont fait leur agrégation définitive à la Société des Prêtres de Saint-Jacques, au cours de la célébration de l’Eucharistie, présidée par le Supérieur Général, le Père Paul DOSSOUS. Ce fut le 27 octobre 2022, en l’église paroissiale São Gonçalo do Porto, de l’archidiocèse de Cuiabá., Mato Grosso.


Ordination diaconale en vue du Presbytérat

 

Marc-Germain Mervilus, Raphaël Joseph, Ricardo Jean, Wenter Cénéis

Wenter Cénéis – Ricardo Jean – Raphaël Joseph – Marc-Germain Mervilus

Le 28 octobre 2022, ils ont été ordonnés Diacres en vue du presbytérat, en l’église paroissiale  São Gonçalo do Porto, de l’archidiocèse de Cuiabá. 

L’Ordre Sacré du diaconat leur sera conféré par l’imposition des mains de Monseigneur Derek John Christopher Byrne, évêque de Primavera do Leste – Paranatinga, Mato Grosso.

Avec eux, nous rendons grâce à Dieu pour ce qu’il réalise dans leur vie, mais aussi pour les nouveaux moissonneurs qu’il nous accorde en eux pour continuer la mission qu’il nous confie en tant que Prêtres Missionnaires.


Père Jean-Chilair Boncoeur


Installation du Père Jean-Chilair BONCŒUR

Curé de la Communauté de Paroisses de la Vallée de Villé

 


Le 11 septembre 2022, le Père Jean-Chilair BONCŒUR a été installé comme curé de la Communauté de Paroisses de la Vallée de Villé, de l’archidiocèse de Strasbourg. Ce fut au cours d’une célébration eucharistique, présidée par le Chanoine Christian KAMENISCH, Vicaire épiscopal de la région pastorale de Centre-Alsace, en présence du Père Paul DOSSOUS, Supérieur général de notre Institut missionnaire. À sa deuxième année d’ordination, le Père Amoce-Fraïme LOUIS a été présenté comme prêtre coopérateur pour former équipe avec le Père Jean-Chilair BONCOEUR.

 


Avant d’arriver dans l’archidiocèse de Strasbourg, le Père Jean-Chilair BONCŒUR avait servi durant vingt années dans le diocèse de Saint-Brieuc & Tréguier, dans les Côtes-d’Armor. Il y avait commencé sa mission d’abord à Lanion, avant de devenir, le dimanche 22 septembre 2002, curé de la paroisse de Maël-Carhaix, avec ses huit clochers.

En présence du Père Michel Ménard, alors Supérieur général de notre Institut missionnaire, il avait été installé à son poste par le Père Guy MARZIN, ayant été délégué par Mgr Lucien FRUCHAUD (19 septembre 1992 – 20 août 2010), alors évêque titulaire du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier.

Du 1er septembre 2010 au 1er septembre 2018, le Père haïtien Jean-Chilair BONCŒUR aura servi durant huit années comme curé de la grande paroisse de Matignon/Saint-Cast. Ensuite, aux côtés de Mgr Gilles REITHINGER – devenu évêque, le 4 juillet 2021 – et le Père Paul DOSSOUS, Supérieur général de notre Institut Missionnaire, Mgr Denis MOUTEL, évêque de Saint-Brieuc & Tréguier, a installé le Père Jean-Chilair BONCOEUR dans sa charge de curé des paroisses de Paimpol et Plouha. Ce fut en l’église paroissiale de Plouha, au cours de la célébration liturgique du dimanche 30 septembre 2018.

Aujourd’hui, le Père Jean-Chilair BONCOEUR est en train de poursuivre sa mission et sa vie de prêtre missionnaire dans une ambiance culturelle tout autre de ce qu’il a connu en Bretagne et plus particulièrement dans les Côtes-d’Amor, où il est arrivé à l’âge de 31 ans. Dans le Bas-Rhin, il en découvre jour après jour les réalités ecclésiales et culturelles nécessitant de lui un effort conscient et constant d’insertion et d’accueil pour remplir convenablement sa tâche pastorale et missionnaire. Comme ce fut le cas avec la langue et la culture bretonnes, le Père Jean-Chilair BONCOEUR saura intégrer la langue alsacienne, compendium linguistique dominé par les dialectes alémaniques du Rhin supérieur. S’inscrivant dans une continuité collinaire avec une succession de trois paliers de collines – collines lœssiques, collines sous-vosgiennes et collines du piémont –, le paysage alsacien le changera également de celui auquel il s’était habitué durant une vingtaine d’années dans les Côtes-d’Armor, avec la mer toute proche, ainsi que ses presqu’îles et ses îles.

Il doit s’habituer également à une vie ecclésiale dont l’existence d’un concordat influence radicalement la manière d’organiser la vie pastorale.

Nous lui souhaitons une fructueuse mission – eine erfolgreiche Mission – dans ce beau diocèse de l’est de la France.

Le Père Jean-Chilair BONCŒUR est membre de la Société des Prêtres de Saint-Jacques. Il est d’origine haïtienne. Nous le confions à vos prières, ainsi que le Père Amoce-Fraïme LOUIS.

Prière pour la Semaine missionnaire 2022

La prière pour la Semaine missionnaire 2022

 

Seigneur,
À la suite de la bienheureuse Pauline-Marie Jaricot,

Donne-nous la grâce d’une véritable conversion.

Par ton Eucharistie, fais de nous les témoins

de ton amour,

Par ton Sang, fais de nous les témoins

de ta miséricorde,

Par ton Église, fais de nous les témoins

de ta résurrection,

Par la Vierge Marie, fais de nous des

missionnaires.

Réalise avec nous l’unité des chrétiens

pour que nous puissions rayonner

de ta paix,

de ta joie

et de ton amour.

Amen

MESSAGE DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS

JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2022

« Vous serez mes témoins » (Ac 1, 8)

Chers frères et sœurs !

Ces paroles sont celles de la dernière conversation de Jésus Ressuscité avec ses disciples, avant de monter au Ciel, telle qu’elle est décrite dans les Actes des Apôtres : « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Et c’est aussi le thème de la Journée Mondiale des Missions 2022 qui nous aide, comme toujours, à vivre le fait que l’Eglise est missionnaire par nature. Cette année, elle nous donne l’occasion de commémorer quelques anniversaires importants pour la vie et la mission de l’Église : la fondation, il y a 400 ans, de la Congrégation de Propaganda Fide – aujourd’hui pour l’Evangélisation des Peuples – et, il y a 200 ans, l’Œuvre pour la Propagation de la Foi qui, avec l’Œuvre de la Sainte enfance et l’Œuvre de Saint Pierre Apôtre, a obtenu il y a 100 ans la reconnaissance « Pontificale ».

Arrêtons-nous sur ces trois expressions clé qui résument les trois fondements de la vie et de la mission des disciples : « Vous serez mes témoins », « jusqu’aux extrémités de la terre » et « vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ».

1. « Vous serez mes témoins » – L’appel de tous les chrétiens à témoigner du Christ

C’est le point central, le cœur de l’enseignement de Jésus aux disciples en vue de leur mission dans le monde. Tous les disciples seront témoins de Jésus grâce au Saint-Esprit qu’ils recevront : ils seront constitués comme tels par grâce. Où qu’ils aillent, où qu’ils soient. De même que le Christ est le premier envoyé, c’est-à-dire missionnaire du Père (cf. Jn 20, 21) et, en tant que tel, son « témoin fidèle » (cf. Ap 1, 5), de même tout chrétien est appelé à être un missionnaire et un témoin du Christ. Et l’Église, communauté des disciples du Christ, n’a d’autre mission que celle d’évangéliser le monde en témoignant du Christ. L’identité de l’Église est d’évangéliser.

Une relecture d’ensemble plus approfondie éclaire certains aspects toujours actuels pour la mission confiée par le Christ à ses disciples : « Vous serez mes témoins ». La forme plurielle souligne le caractère communautaire-ecclésial de l’appel missionnaire des disciples. Tout baptisé est appelé à la mission dans l’Église et par mandat de l’Église : la mission se fait donc ensemble, et non individuellement, en communion avec la communauté ecclésiale et non de sa propre initiative. Et même s’il y a quelqu’un qui, dans une situation très particulière, accomplit seul la mission d’évangélisation, il l’accomplit et devra toujours l’accomplir en communion avec l’Église qui l’a envoyé. Comme l’enseigne saint Paul VI dans l’Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, un document qui m’est très cher : « Evangéliser n’est pour personne un acte individuel et isolé, mais c’est un acte profondément ecclésial. Lorsque le plus obscur prédicateur, catéchiste ou pasteur, dans la contrée la plus lointaine, prêche l’Evangile, rassemble sa petite communauté ou confère un sacrement, même seul, il fait un acte d’Eglise et son geste se rattache certainement, par des rapports institutionnels, mais aussi par des liens invisibles et par des racines souterraines de l’ordre de la grâce, à l’activité évangélisatrice de toute l’Eglise » (n. 60). En effet, ce n’est pas un hasard si le Seigneur Jésus a envoyé ses disciples en mission deux par deux. Le témoignage des chrétiens au Christ a un caractère essentiellement communautaire. D’où l’importance essentielle de la présence d’une communauté, même petite, dans la réalisation de la mission.

Deuxièmement, il est demandé aux disciples de vivre leur vie personnelle dans une optique de mission : ils sont envoyés par Jésus dans le monde non seulement pour faire la mission, mais aussi et surtout pour vivre la mission qui leur a été confiée ; non seulement pour rendre témoignage, mais aussi et surtout pour être des témoins du Christ. Comme le dit l’apôtre Paul avec des mots vraiment émouvants : « Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. »  (2 Co 4, 10). L’essence de la mission est de rendre témoignage au Christ, c’est-à-dire à sa vie, sa passion, sa mort et sa résurrection par amour du Père et de l’humanité. Ce n’est pas un hasard si les Apôtres ont cherché à remplacer Judas parmi ceux qui, comme eux, avaient été « témoins de sa résurrection » (Ac 1, 22). C’est du Christ, et du Christ ressuscité dont nous devons témoigner et dont nous devons partager la vie. Les missionnaires du Christ ne sont pas envoyés pour se communiquer eux-mêmes, pour montrer leurs qualités et leurs capacités de persuasion ou leurs compétences en matière de gestion. Ils ont, au contraire, le grand honneur d’offrir le Christ, en paroles et en actes, en annonçant à tous la Bonne Nouvelle du salut avec joie et franchise, comme les premiers apôtres.

Par conséquent, en dernière analyse, le véritable témoin c’est le “martyr”, celui qui donne sa vie pour le Christ en échange du don qu’il nous fait de lui-même. « La première motivation pour évangéliser est l’amour de Jésus que nous avons reçu, l’expérience d’être sauvés par lui qui nous pousse à l’aimer toujours plus » (Evangelii gaudium, n. 264).

Enfin, en ce qui concerne le témoignage chrétien, l’observation de saint Paul VI reste toujours pertinente : « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres ou, s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins » (Evangelii Nuntiandi, n. 41). Par conséquent, pour la transmission de la foi, le témoignage de la vie évangélique des chrétiens est fondamental.  De même, la tâche de proclamer sa personne et son message reste tout aussi nécessaire. En effet, Paul VI lui-même poursuit : « Oui, elle est toujours indispensable, la prédication, cette proclamation verbale d’un message […] La parole reste toujours actuelle, surtout lorsqu’elle est porteuse de la puissance de Dieu. C’est pourquoi reste lui aussi d’actualité l’axiome de saint Paul : “La foi vient de ce qu’on entend” (Rm 10, 17) : c’est la Parole entendue qui conduit à croire » (ibid., n. 42).

Par conséquent, l’exemple de la vie chrétienne et l’annonce du Christ vont ensemble dans l’évangélisation. L’un sert l’autre. Ce sont les deux poumons avec lesquels toute communauté doit respirer pour être missionnaire. Ce témoignage complet, cohérent et joyeux du Christ sera certainement la force d’attraction pour la croissance de l’Église également au troisième millénaire. J’exhorte donc chacun à retrouver le courage, la franchise, cette parrhésie des premiers chrétiens, pour témoigner du Christ en paroles et en actes, dans tous les domaines de la vie.

2. « Jusqu’aux extrémités de la terre » – L’actualité perpétuelle d’une mission d’évangélisation universelle

En exhortant les disciples à être ses témoins, le Seigneur ressuscité, leur dit là où ils sont envoyés : « A Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Le caractère universel de la mission des disciples apparaît clairement ici. Le mouvement géographique “centrifuge” est mis en évidence, presque en cercles concentriques, de Jérusalem considérée par la tradition juive comme le centre du monde, à la Judée et la Samarie, et jusqu’aux « les extrémités de la terre ». Ils ne sont pas envoyés pour faire du prosélytisme mais pour annoncer. Le chrétien ne fait pas de prosélytisme. Les Actes des Apôtres nous racontent ce mouvement missionnaire : ils nous donnent une belle image de l’Église “en sortie” pour accomplir sa vocation de témoigner du Christ Seigneur, guidée par la Providence divine dans les circonstances concrètes de la vie. En effet, les premiers chrétiens sont persécutés à Jérusalem et c’est pourquoi ils sont dispersés en Judée et en Samarie et ont partout témoigné du Christ (cf. Ac 8, 1.4).

Quelque chose de similaire se produit encore à notre époque. En raison des persécutions religieuses et des situations de guerre et de violence, de nombreux chrétiens sont contraints de fuir leur terre pour se rendre dans d’autres pays. Nous sommes reconnaissants envers ces frères et sœurs qui ne s’enferment pas dans leur souffrance, mais témoignent du Christ et de l’amour de Dieu dans les pays qui les accueillent. C’est ce à quoi saint Paul VI les exhortait à faire lorsqu’il considérait la « responsabilité qui revient aux migrants dans les pays qui les reçoivent » (Evangelii nuntiandi, n. 21). En effet, nous expérimentons de plus en plus comment la présence de fidèles de diverses nationalités enrichit le visage des paroisses et les rend plus universelles, plus catholiques. Par conséquent, la pastorale des migrants est une activité missionnaire à ne pas négliger, elle peut aider aussi les fidèles locaux à redécouvrir la joie de la foi chrétienne qu’ils ont reçue.

L’indication « jusqu’aux extrémités de la terre » interpellera les disciples de Jésus à toutes les époques et les poussera à aller au-delà des lieux habituels pour lui rendre témoignage. Malgré toutes les facilités dues aux progrès de la modernité, il existe encore aujourd’hui des zones géographiques où les missionnaires témoins du Christ ne sont pas encore arrivés avec la Bonne Nouvelle de son amour. D’autre part, aucune réalité humaine ne devrait être étrangère à l’attention des disciples du Christ dans leur mission. L’Église du Christ a été, est et sera toujours “en sortie” vers de nouveaux horizons géographiques, sociaux et existentiels, vers des lieux et des situations humaines “limites”, afin de témoigner du Christ et de son amour à tous les hommes et toutes les femmes de tout peuple, de toute culture et de tout statut social. En ce sens, la mission sera toujours aussi missio ad gentes, comme nous l’a enseigné le Concile Vatican II, car l’Église devra toujours aller au-delà, au-delà de ses propres limites, pour témoigner de l’amour du Christ à tous. À cet égard, je voudrais rappeler le souvenir et remercier les nombreux missionnaires qui ont dépensé leur vie pour aller “au-delà”, en incarnant la charité du Christ envers les nombreux frères et sœurs qu’ils ont rencontrés.

3. « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous » – Laissez-vous toujours fortifier et guider par l’Esprit

En annonçant aux disciples leur mission d’être ses témoins, le Christ ressuscité promet également la grâce pour une si grande responsabilité : « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins » (Ac 1, 8). En effet, selon le récit des Actes des Apôtres, c’est précisément après la descente de l’Esprit Saint sur les disciples de Jésus qu’a lieu la première action de témoignage au Christ mort et ressuscité, avec une proclamation kérygmatique, le discours missionnaire de saint Pierre aux habitants de Jérusalem. Ainsi commence l’ère de l’évangélisation du monde par les disciples de Jésus, qui étaient avant faibles, craintifs et fermés. L’Esprit Saint les a fortifiés, leur a donné le courage et la sagesse de témoigner du Christ devant tout le monde.

Tout comme « personne n’est capable de dire : “Jésus est Seigneur” sinon dans l’Esprit Saint » (1 Co 12, 3), de même aucun chrétien ne peut rendre un témoignage complet et authentique au Christ Seigneur sans l’inspiration et l’aide de l’Esprit. Par conséquent, tout disciple missionnaire du Christ est appelé à reconnaître l’importance fondamentale de l’action de l’Esprit, à vivre avec lui dans la vie quotidienne et recevoir sans cesse de sa part force et inspiration. Plus encore, au moment où nous nous sentons fatigués, démotivés, perdus, rappelons-nous de nous tourner vers l’Esprit Saint dans la prière, qui – je tiens à le souligner une fois de plus – a un rôle fondamental dans la vie missionnaire, pour nous laisser restaurer et fortifier par lui, source divine inépuisable des énergies nouvelles et de la joie de partager la vie du Christ avec les autres. « Recevoir la joie de l’Esprit est une grâce. Elle est la seule force que nous puissions avoir pour prêcher l’Évangile, pour professer la foi au Seigneur » (Message aux Œuvres Pontificales Missionnaires, 21 mai 2020). L’Esprit est donc le véritable protagoniste de la mission : c’est lui qui donne la parole juste, au bon moment et de juste manière.

C’est à la lumière de l’action de l’Esprit Saint que nous voulons aussi lire les anniversaires missionnaires de cette année 2022. L’institution de la Sacrée Congrégation de propaganda fide, en 1622, était motivée par le désir de promouvoir le mandat missionnaire sur de nouveaux territoires. Une intuition providentielle ! La Congrégation s’est avérée cruciale pour rendre la mission évangélisatrice de l’Église véritablement telle, c’est-à-dire indépendante de l’ingérence des pouvoirs du monde, afin d’établir ces Églises locales qui font preuve d’une telle vigueur aujourd’hui. Nous espérons que, comme au cours des quatre siècles passés, la Congrégation, avec la lumière et la force de l’Esprit, poursuivra et intensifiera son travail de coordination, d’organisation et d’animation des activités missionnaires de l’Église.

Le même Esprit, qui guide l’Église universelle, inspire également des hommes et des femmes simples pour des missions extraordinaires. C’est ainsi qu’une jeune fille Française, Pauline Jaricot, fonda l’Œuvre pour la Propagation de la Foi, il y a exactement 200 ans. Sa béatification sera célébrée en cette année jubilaire. Bien que ce fut dans des conditions précaires, elle accepta l’inspiration de Dieu pour mettre en place un réseau de prières et de collectes pour les missionnaires, afin que les fidèles puissent participer activement à la mission « jusqu’aux extrémités de la terre ». De cette idée géniale est née la Journée Mondiale des Missions, que nous célébrons chaque année, et dont la collecte dans toutes les communautés est destinée au fonds universel avec lequel le Pape soutient l’activité missionnaire.

Dans ce contexte, je rappelle également l’Evêque français Charles de Forbin-Janson qui lança l’Œuvre de la Sainte Enfance afin de promouvoir la mission parmi les enfants avec la devise “les enfants évangélisent les enfants, les enfants prient pour les enfants, les enfants aident les enfants dans le monde entier” ; de même Mme Jeanne Bigard, qui donna naissance à l’Œuvre de Saint Pierre Apôtre pour le soutien des séminaristes et des prêtres en terre de mission. Ces trois Œuvres missionnaires ont été reconnues comme “pontificales” il y a juste cent ans. Et c’est également sous l’inspiration et la direction de l’Esprit Saint que le bienheureux Paolo Manna, né il y a 150 ans, fonda l’actuelle Union Pontificale Missionnaire pour sensibiliser et encourager à la mission les prêtres, les religieux et religieuses et tout le peuple de Dieu. Paul VI lui-même fut membre de cette œuvre et lui confirma une reconnaissance pontificale. Je mentionne ces quatre Œuvres Pontificales Missionnaires pour leurs grands mérites historiques et aussi pour vous inviter à vous réjouir avec elles en cette année spéciale pour leurs activités de soutien à la mission évangélisatrice dans l’Église universelle et dans les Églises locales. Je forme le vœu que les Églises locales trouveront dans ces Œuvres un instrument solide pour nourrir l’esprit missionnaire dans le Peuple de Dieu.

Chers frères et sœurs, je continue à rêver d’une Église entièrement missionnaire et d’un nouveau printemps missionnaire des communautés chrétiennes. Et je répète le souhait de Moïse pour le peuple de Dieu en chemin : « Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! » (Nb 11, 29). Oui, puissions-nous tous, dans l’Église, être ce que nous sommes déjà en vertu de notre baptême : des prophètes, des témoins, des missionnaires du Seigneur ! Avec la puissance de l’Esprit Saint, et jusqu’aux extrémités de la terre. O Marie, Reine des Missions, priez pour nous !

Rome, Saint Jean de Latran, 6 janvier 2022, Épiphanie du Seigneur.

François

Source : site du vatican


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Une Semaine Missionnaire Mondiale – 2022

Une Semaine Missionnaire Mondiale


Le mois d’octobre est consacré aux Missions. Du 16 au 23 octobre, la Semaine Missionnaire Mondiale appelle les catholiques à la prière et au partage, pour soutenir la vie et la mission des Églises locales du monde. La quête du Dimanche de la Mission est le point culminant de la Semaine Missionnaire Mondiale. Elle a été instaurée par le pape Pie XI en 1926. Elle est dévolue aux Œuvres Pontificales Missionnaires.

Le point de départ est une jeune laïque, Pauline Jaricot (1799-1862). À l’âge de 17 ans, elle tourne le dos à sa vie mondaine et s’associe avec de jeunes ouvrières des usines de son père pour collaborer à la propagation de l’Évangile par la prière et l’animation missionnaire. Après trois années, prenant conscience des nécessités matérielles en « pays de mission », Pauline invente un système ingénieux de collecte. Elle convainc dix personnes de remettre un sou par semaine pour les missions, tout en recrutant dix autres donateurs qui, à leur tour, en trouvent dix chacun et ainsi de suite. L’entreprise fait boule de neige et amasse des sommes considérables pour l’époque.

Trois ans plus tard, la chaîne financière et spirituelle compte 500 membres. Elle devient officiellement l’Association de la Propagation de la Foi le 3 mai 1822. Sa croissance rapide à travers toute l’Europe attire l’attention du Saint-Siège, qui demande à l’accueillir dans ses offices. C’est ainsi que, un siècle après la fondation de l’Association de la Propagation de la Foi, le 3 mai 1922, l’œuvre de la Propagation de la Foi ainsi que deux autres, l’Enfance missionnaire et Saint Pierre Apôtre deviennent pontificales. La quatrième œuvre, l’Union pontificale missionnaire, sera déclarée pontificale en 1956. Les Œuvres Pontificales Missionnaires se retrouvent aujourd’hui dans plus de 140 pays.

Une Journée missionnaire mondiale en 1926

Pour amplifier le travail des Œuvres Pontificales Missionnaires, le pape Pie XI accepta de créer une Journée missionnaire mondiale en 1926 pour qu’elle soit « la fête de la catholicité et de la solidarité universelle ». Cet objectif rejoint l’intuition de départ de Pauline Jaricot : « De la part de tous, selon les possibilités, à tous, selon les nécessités ! ». La journée est fixée à l’avant dernier dimanche du mois d’octobre. Elle est désormais « célébrée le même jour dans tous les diocèses, dans toutes les paroisses et dans tous les Instituts du monde catholique… et pour demander l’obole pour les Missions » (S. Congrégation des Rites : 14 avril 1926).

En France, depuis plus d’une trentaine d’années, l’animation est étendue à une semaine pour donner plus de visibilité aux activités missionnaires dans les diocèses et permettre aux paroisses de vivre cette semaine, ou au moins cette journée, éventuellement le dimanche précédant le dimanche de la Mission, selon leurs possibilités.

Une quête véritablement universelle

L’argent collecté lors de la quête est comptabilisé à Rome, aux OPM internationales. La répartition de la somme récoltée chaque année est décidée par les directeurs nationaux des OPM dans leur réunion du mois de mai. Ainsi les 3 000 diocèses catholiques existant aujourd’hui viennent en aide à 1 200 d’entre eux pour les soutenir dans leur vie et leur mission d’évangélisation.

Source : CEF

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