Société des Prêtres de Saint-Jacques

Missionnaires en Haïti, au Brésil et en France

Author: missionstjacques (page 1 of 16)

Corref – Conférence des Religieuses et des Religieux de France -10 ans d’existence

Assemblée générale de la Corref à Lourdes – Novembre 2018

 

 


AG 2018 – Samedi 10 novembre 2018 : « Fondés sur la Parole »

400 supérieur.es majeur.es sont réunis pour trois jours à Lourdes, en Assemblée générale.
La vie religieuse en conversation c’est ce qu’ils expérimenteront ces jours prochains.
Au matin du premier jour, le thème choisi « Fondés sur la Parole » est une invitation à entrer en dialogue. Mme Anne Pelletier et le Fr Philippe Lefebvre ont exploré le thème de la conversation dans la Bible.

Morceau choisi…
« Dieu ne cesse de s’adresser à l’humanité, de lui offrir l’hospitalité de sa parole et le réconfort d’une fidélité en désir de sa réponse. Aujourd’hui, le lecteur croyant de la Bible devrait être l’homme qui s’expose à son interpellation critique, à sa manière de « faire la vérité » en tisonnant les nouveaux dogmes de nos sociétés. » Anne Marie Pelletier
 » Si on lit la Bible comme l’histoire de la Parole qui nous cherche dans nos aventures humaines, si on entend les vicissitudes de cette Parole qui est tantôt rejetée, tantôt acceptée comme fondation, tantôt verrouillée, tantôt accueillie comme une partenaire de la conversation avec Dieu, alors la Bible raconte notre histoire et nos histoires. Elle ne renvoie pas seulement à des mondes anciens où il s’est passé des choses, elle nous reflète. Comme une vitre peut être traversée pour voir qu’on voie à l’extérieur ou peut devenir miroir. « 

Fr Philippe Lefebvre, op


Pour fêter ses 10 ans, la Corref a demandé à une religieuse, artiste peintre, de réaliser une œuvre déclinant le thème de l’Assemblée générale de Lourdes : « La vie religieuse en conversation ».

Chaque jour, les participants de l’assemblée générale ont reçu en cadeau un signet, reproduction d’une toile de Sr Maggie Masselter.
Il y en a quatre, comme les quatre toiles qu’elle a réalisé, autour des quatre thèmes du rassemblement de Lourdes :

  • fondés sur la Parole
  • convoqués par la Parole
  • envoyés par la Parole
  • témoigner de la Parole

LA VIE RELIGIEUSE S’ENGAGE
DANS LA LUTTE CONTRE LA PEDOCRIMINALITE ET LES ABUS SEXUELS

L’assemblée générale bisannuelle de la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF) qui regroupe 450 membres, soit l’ensemble des responsables d’Instituts religieux, apostoliques comme monastiques, a longuement échangé sur la douloureuse question de la pédocriminalité et des abus sexuels. Dans ce cadre, le 11 juin dernier, la CORREF avait organisé une large rencontre de sensibilisation, d’écoute et d’échanges entre les responsables d’instituts et des personnes victimes.
Dans la suite de cette journée très forte, elle a pris aujourd’hui deux décisions :

1. « L’assemblée générale décide de s’associer pleinement à la décision prise par la Conférence des évêques de France (CEF) concernant la mise en place d’une «commission indépendante»,
«pour faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Église catholique depuis 1950, pour comprendre les raisons qui ont favorisé la manière dont ont été traitées ces affaires et pour faire des préconisations.» (Extrait du communiqué de presse des évêques de France, le 7 novembre 2018.).

2. Elle approuve la poursuite du processus suivant, proposé par son conseil d’administration. À partir de ce que nombre de nos Instituts font déjà, cette démarche peut notamment se décliner ainsi :
Travailler ensemble sur la formation initiale et la formation continue dans nos Instituts,
Proposer aux Instituts des protocoles sur la protection des mineurs et des personnes vulnérables,
Rendre possible une meilleure prise en charge des auteurs,
Avancer sur différentes modalités de réparation pour les personnes victimes.

Par ailleurs, la CORREF souhaite se saisir de la difficile question de l’accès à la parole des membres de nos Instituts qui ont été victimes, en France mais aussi en d’autres pays où nous avons des sœurs et des frères.
Pour progresser sur ces points, la CORREF organisera groupes de travail et journées spécifiques, dans lesquels des personnes victimes pourront être parties prenantes, comme nous le faisons déjà.
Une Assemblée générale spécifique sera convoquée en 2019 pour recueillir les fruits du processus engagé et prendre les décisions qui s’imposeront alors.

En temps voulu, la CORREF prendra bien sûr en compte les préconisations de la «commission indépendante».
Notre assemblée avait comme thématique « la vie religieuse en conversation» et nous l’avons véritablement vécue, y compris sur la question de la pédocriminalité, au cours de ces 4 jours. Une conversation, qui trouve sa fondation dans l’écoute de la Bible, révèle un Dieu sans cesse en dialogue avec les hommes de toutes conditions, de toutes situations.

Nous voulons être les serviteurs de cette conversation sans frontières de notre Dieu avec tous. Les religieuses et religieux de France souhaitent être, partout où ils sont – en cités sensibles, monastères, maisons d’accueil, universités, maisons d’aînés, paroisses, etc. – des partenaires d’une conversation. Celle qui rend possible de faire société, de nous reconnaître au-delà de toute appartenance sociale ou confessionnelle, d’agir alors ensemble au service du bien commun. Nous n’avons rien à défendre de nous-mêmes et souhaitons vivre désarmés. Notre vie est là simplement pour être partagée, offerte à ceux qui le souhaitent.

Sr Véronique Margron op.
Présidente de la CORREF

Ordination diaconale de Jean Mike Dowel LOUIS & de Lanio MAXIMIN

Le  11 novembre 2018, Jean Mike Dowel LOUIS et Lanio MAXIMIN ont été ordonnés diacres, par Mgr João Mamede FILHO, évêque de UMUARAMA (PR), en présence du Supérieur général, le Père Paul Dossous, du supérieur régional du Brésil, le Père Milien Fricot, ainsi que de tous les autres prêtres de Saint-Jacques en mission au Brésil.

C’était un événement important non seulement dans la vie de notre Institut, mais dans l’Église de cette région du Brésil, où les premiers missionnaires de Saint-Jacques sont arrivés en 1964. Les laïcs proches des Prêtres de Saint-Jacques ont pris une part très active à la préparation et à la réalisation de cet événement. Nous leur exprimons ici toute notre reconnaissance.

Agrégation à la Société des Prêtres de Saint-Jacques, au Brésil/10 novembre 2018

 

Le 10 novembre 2018, la Société des Prêtres de Saint-Jacques a eu la joie d’accueillir deux nouveaux membres en son sein. En effet, au bout de bientôt sept années de formation et de discernement, vécues pour 3 ans en Haïti, et pour quatre ans, au Brésil, les séminaristes de Saint-Jacques Jean Mike Dowel Louis et Lanio Maximin ont fait leur agrégation définitive à la Société des Prêtres de Saint-Jacques. Désormais, par cet engagement, ils sont membres à part entière de l’institut missionnaire.

Cet événement s’est produit à la fin de la session annuelle des Prêtres de Saint-Jacques au Brésil. L’ensemble des séminaristes de Saint-Jacques en formation au Brésil a pris part à la célébration. Quatre d’entre eux ont fait leur agrégation temporaire à la Société. Il s’agit de ONESAIR Patrice, LIRISMONT Jean Fritzson, JULES Stanley et de DALUSMA Idlain.

Avec nos jeunes en formation, les formateurs et les amis de la Société au Brésil, nous rendons grâce au Seigneur qui appelle en tout temps et en tous lieux des hommes et des femmes à la mission. Nous les confions à vos prières.

Cliquez ici pour lire ou télécharger la monition d’entrée et l’homélie – en langue portugaise – données par le Père Paul Dossous, Supérieur général des Prêtres de Saint-Jacques.

Bientôt une traduction en langue française sera publiée.

 

 

 

Brésil, l’Année du laïcat : « Que chaque chrétien soit missionnaire dans sa famille et au travail »

« Que chaque chrétien soit missionnaire dans sa famille et au travail », dixit Mgr. Clasen.

Du 26 novembre 2017, solennité du Christ-Roi, au 25 novembre 2018, l’Eglise du Brésil célèbrera l’« Année du laïcat ». Lors de la deuxième réunion ordinaire du Comité permanent de cette année, qui s’est déroulée du 20 au 22 juin, le projet préparé par la Commission épiscopale spéciale pour l’Année du laïcat a été présenté et prochainement les diocèses et les prélatures recevront les orientations méthodologiques sur la manière de s’y préparer et de le célébrer dans leurs communautés.
Le thème choisi pour lancer l’Année du laïcat est le suivant « Chrétiens laïcs et laïques, sujets dans « l’Eglise en sortie », au service du Règne » et la devise « Sel de la terre et lumière du monde », Mt 5,13-14. Selon l’évêque de Caçador, Mgr. Severino Clasen, président de la Commission épiscopale spéciale pour l’Année du laïcat, l’objectif est de travailler sur la spiritualité de l’amour en Jésus-Christ et de marcher à sa suite. « Cela conduit le chrétien laïc à devenir de fait un missionnaire dans sa famille et au travail, là où il vit » a déclaré l’évêque.
D’après Marilza Lopes Schuina, président du Conseil national di laïcat au brésil et membre de la commission, les diocèses recevront une proposition leur suggérant de se sentir totalement libre pour user de créativité dans l’élaboration de programmes et dans la manière de vivre les actions locales.
L’Année du laïcat aura comme objectif général: « En tant qu’Eglise, Peuple de dieu, célébrer la présence et l’organisation des chrétiens laïcs et laïques au Brésil ; approfondir leur identité, vocation, spiritualité et mission ; et témoigner de Jésus-Christ et de son Règne dans la société ».
Elle envisage également de « rendre dynamique l’étude et la pratique du document 105 : « Chrétiens laïcs et laïques dans l’Eglise et la société » ainsi que d’autres documents du magistère, surtout ceux du pape François, sur le laïcat ; elle veut aussi stimuler la présence et la participation des chrétiens laïcs et laïques, « vrais sujets ecclésiaux » (Dap, n.497a) comme « sel, lumière et levain » dans l’Eglise et la société.
La Commission épiscopale spéciale pour l’Année du laïcat a organisé les activités en quatre points :1) Evénements 2) Communication, catéchèses, célébration 3) Séminaires à thèmes dans les commissions régionales et 4) Publications.
Mgr. Severino Clasen, président de la Commission, espère que cette Année du laïcat portera du fruit pour l’Eglise missionnaire authentique, avec un plus grand enthousiasme des chrétiens laïcs et laïques dans la vie ecclésiale mais aussi dans la recherche de la transformation de la société. « Je crois que si nous réussissons à stimuler la participation et la présence effective des chrétiens laïcs dans la société, faisant en sorte d’apporter justice et paix, cela constituera un grand héritage », a souligné l’évêque.

Informez-vous ici

Penser le laïcat ?

Voici ici un texte pour aider à la réflexion sur le laïcat dans l’Église, en lien avec la prochaine conférence que Madame Bernadette CAFFIER donnera au Centre-Missionnaire Saint-Jacques.

Source: Revue-Sources

 

Penser le laïcat ?
________________________________________

Qui sont les laïcs ? En quels termes, dans quels contextes, sur quels appuis sacramentels, les « fidèles laïcs du Christ » « pensent-ils » leur identité ? A la manière des membres d’une famille, comment définissent-ils leur place, leur rôle, le degré de leur intégration ? Quel est leur rapport au sacré, à la loi, à la transcendance ? Quel est enfin, leur passé, leur présent, et comment se projettent – ils dans l’avenir ?

Si l’on cherche à donner ces repères aux laïcs, on constate assez vite que les réponses manquent, ou qu’elles sont sujettes à des appréciations contrastées, donc compliquées à interpréter. Si incertaines, que l’on peut légitimement se demander s’il est possible aujourd’hui de répondre à la question posée…

En effet, dans l’Église, depuis un bon millénaire et demi, le laïc est en tension avec le clerc. Le clerc, qui reçoit le sacrement de l’Ordre, est l’homme qui est à la tâche dans l’institution, par le moyen des sacrements. En outre, depuis la réforme grégorienne (11-12e siècles), il assure toute responsabilité de gouvernement, de sanctification et d’enseignement (ce sont les trois charges ou « muera »). Les clercs sont les « piliers de l’Église » alors que les laïcs, bénéficiaires de l’action évangélisatrice des clercs, sont en charge de l’évangélisation du monde.

Comment ceux « qui ne sont pas » peuvent-ils se penser autrement que par soustraction de « ceux qui sont » ?

Mais la clarté de ce partage est aujourd’hui brouillée. Vatican II a revitalisé la notion d’Église peuple de Dieu. Mais en encourageant vivement la formation et la prise de responsabilité des laïcs à l’intérieur même de l’Église, il n’a pu qu’engendrer une crise, dont on mesurera l’ampleur à partir de cette définition donnée par Jean-Paul II : les laïcs sont « l’ensemble des chrétiens qui ne sont pas membres de l’ordre sacré et de l’état religieux reconnu par l’Eglise ». Aïe ! Comment ceux « qui ne sont pas » peuvent-ils se penser autrement que par soustraction de « ceux qui sont » ? Devant le don de soi pour la vie entière qu’offre l’engagement du prêtre au célibat, à la pauvreté et à l’obéissance, comment estimer sans comparer l’état de vie du laïc, un état « commun », fait d’une négociation sans cesse ouverte en face de ses proches et… de son agenda ? Comment ne pas se penser, consciemment ou non, comme un clerc au petit pied, aimanté par la figure de référence qui lui sert de miroir ?
Certes, il est affirmé que le sacerdoce ministériel a sa finalité essentielle dans le sacerdoce royal de tous les fidèles et est orienté vers celui-ci . Le frère Yves Congar dit d’ailleurs dans une formule puissante que « le peuple est le plérôme de la hiérarchie ». Certes, le pape François a rappelé que « les laïcs sont les protagonistes de l’Église et du monde ; nous sommes appelés à les servir, non à nous servir d’eux ». Certes, on dit volontiers que la tête (le clergé) ne peut rien sans les membres (laïcs). Il n’empêche que le laïc engagé dans l’Église n’a pour se penser que le modèle du clerc, un modèle qui n’est pas celui qu’il a choisi, mais qui reste « la » référence. Tel est le premier malaise.

Différence de nature, non de degré

Le malaise est amplifié par la réaffirmation appuyée de la différence «de nature et non de degré » entre le clerc et le laïc, ce qu’explicite le canon 230 du Code de droit canonique: «Là où les nécessités de l’Eglise le conseillent, et à défaut de ministres sacrés, des laïcs peuvent, même sans être lecteurs ou acolytes, remplir en suppléance telle ou telle de leurs fonctions: ministère de la parole, présidence des prières liturgiques, administration du Baptême, distribution de la Sainte Communion, suivant les normes du droit». Et Jean-Paul II d’ajouter : « Il faut remarquer toutefois que l’exercice d’une telle fonction ne fait pas du fidèle laïc un pasteur : en réalité, ce qui constitue le ministère, ce n’est par l’activité en elle-même, mais l’ordination sacramentelle. Seul le sacrement de l’Ordre confère au ministre ordonné une participation particulière à la fonction du Christ Chef et Pasteur et à son sacerdoce éternel ».

Le Nouveau Testament, lui, part des charismes des personnes pour définir ensuite des fonctions.

Distinction qui questionne… Ne fait-elle pas du sacrement un « en soi » déconnecté du récipiendaire, alors que le Nouveau Testament, lui, part des charismes des personnes pour définir ensuite des fonctions ? N’invite-t-elle pas, alors, à inventer une ordination particulière qui permette à ceux des laïcs pourvus de charismes pastoraux de jouir de la plénitude de la fonction pastorale ? De plus, la discussion est vive sur le sens à donner à la formule « in persona Christi » associée au sacrement de l’Ordre. Le frère Dominique Marliangeas a montré que cette dernière n’était jamais appliquée au sacerdoce ordonné avant Pierre Lombard (12e siècle), et qu’une confusion de la Vulgate sur la traduction de 2 Corinthiens 2, 10 a transformé « en présence du Christ » en « en tenant le rôle du Christ ». Peut-on fonder une distinction aussi radicale entre prêtres et laïcs sur des appuis scripturaires fragiles ?

Laïcs face à la pénurie des clercs

Sur l’élan donné à Vatican II vient se greffer une double réalité qui obscurcit encore la définition du laïcat. La décrue constante depuis soixante ans des vocations presbytérales (100 prêtres environ par an ordonnés en France, 60 en Suisse, 10 en Belgique) obère l’avenir, celui du presbytérat et par ricochet celui du laïcat. Quel diagnostic poser ? Crise passagère, comme le laisse deviner ce propos de Mgr Barbarin : « Pourrons-nous tenir jusqu’à la relève ? » Ou signe des temps, qui appelle des changements dans la discipline de l’Église ? Les laïcs doivent-ils se préparer à s’investir davantage, comme en Amérique du Sud, mais aussi en Europe, en France, par exemple, où de petites communautés lisent l’Évangile, célèbrent la Parole ou partagent le pain ? Ne faudrait-il pas, en particulier, les susciter davantage dans le monde rural où il n’y a plus de clergé ?

La raréfaction des prêtres s’accompagne d’un mouvement de re-cléricalisation

La seconde réalité à prendre en compte est la très grande hétérogénéité du laïcat. Certes, la définition de Lumen Gentium rappelle son « caractère séculier », valable pour tous. Mais il faut d’abord tenir compte du fait que la grande majorité des fidèles vivent leur foi dans une totale discrétion, au travail, en famille, dans leur vie associative. Et parmi ceux qui sont engagés, de grandes différences existent. Certains ensembles paroissiaux menés par une « Équipe d’animation pastorale » sont co-animés par des laïcs accompagnés, parfois à distance, d’un prêtre modérateur. Des laïcs célèbrent des funérailles, d’autres, sur délégation, baptisent. En certaines paroisses « expérimentales », comme Saint Merry à Paris, ils co-animent en profondeur la vie liturgique. Á l’inverse, ailleurs, on refusera à des femmes de distribuer la communion ou de lire les lectures… Enfin, selon les diocèses, les contenus des « Lettres de mission » données aux laïcs peuvent différer de beaucoup.

Par ailleurs, la raréfaction des prêtres s’accompagne, en France surtout, depuis une quinzaine d’années, d’un mouvement de re-cléricalisation qui remet en question des fonctions exercées jusque-là par des laïcs . Les tensions se cristallisent autour de la question du pouvoir , que les prêtres entendent assumer et que les laïcs, parfois mieux formés, ne veulent plus accepter, au risque de reconstituer… un cléricalisme laïc. Le déséquilibre est évident quand on sait que sans les laïcs, la « maison Église » aujourd’hui ne « tournerait » plus. Avenir incertain, identité variable, instrumentalisation, re-cléricalisation, autant de malaises supplémentaires.

La référence à l’histoire interroge

Pour compliquer encore la donne, la référence à l’histoire interroge, elle aussi. En effet, au temps de Jésus, le « laïc » d’aujourd’hui n’existait pas. Le terme qui sillonne l’Écriture est celui de « laïos », peuple, et plus précisément « peuple consacré ». C’est le baptême qui était le signe nécessaire et suffisant de l’authentification chrétienne . Et s’il n’y avait qu’une évidence à rappeler au sujet des origines, ce serait la très vive contestation par Jésus du système clérical du Temple de Jérusalem. Qui dit sacrifice dit impureté du peuple, et sacralisation des intermédiaires, les prêtres. Or Jésus, dénonçant le culte des lèvres, la vanité des sacrifices et les prescriptions accablantes des prêtres, en faisant fi des règles de pureté et d’impureté (La femme aux pertes de sang, la Samaritaine), a mis à bas ce système.
Pourtant vers le milieu du 3e siècle, l’Église a distingué le peuple d’une catégorie particulière, comportant l’« épiscope» (surveillant), puis le « cléros », qui remplaçait le « presbyteros » des communautés primitives, l’«ancien» chargé de veiller à sa bonne marche, qui était un homme sûr, pris du milieu du peuple pour sa prudence et sa sagesse. Le reste du peuple est alors devenu « laïcos ». Très vraisemblablement, la complexité et le désordre liés à la gestion d’une Église en très forte croissance ont poussé à adopter une organisation plus stricte. Mais ce faisant, l’Église n’est-elle pas revenue, malgré elle, à la conception vétéro-testamentaire d’un clergé intermédiaire, sacralisé, « sacerdotalisé », et fatalement poussé à frayer avec le pouvoir qui en découlait ? Ne perdait-elle pas cette intuition première, celle de prendre les charismes au milieu du peuple sans imposer ni consécration ni état de vie ? Le prêtre, figure totalement absente du Nouveau Testament (à part… le Grand-Prêtre condamnant Jésus pour blasphème), devenait le centre du dispositif ecclésial. Revenait-on à une religion « classique », au détriment du « style de vie » fondé sur la foi, que proposait Jésus ? Ce bref rappel des origines montre que l’Église, qui évolue plus qu’on ne le dit souvent, aurait de sérieux fondements scripturaires pour repenser en profondeur sa structure institutionnelle.

La Conférence des baptisés

De ces rapides constats, je déduis que le laïcat, mouvant, mal défini, sans identité claire, est « impensable » aujourd’hui. Il ne le devient que s’il se pense à partir de ce peuple unique de baptisés que Jésus a invité à instituer. Pour Jésus le peuple de Dieu est Un. Et ce qui fait l’unité du peuple de Dieu, c’est le baptême. Préférer le terme de « baptisés » à celui de « laïcs », c’est un choix qui dit « non » aux clivages, car aujourd’hui ils sont devenus contre productifs. C’est ce qu’a fait, il y a déjà dix ans, la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones , mouvement qui rassemble des laïcs, des prêtres, des religieux et des diacres.

Le baptisé devrait pouvoir, s’il en a la compétence, gouverner, sanctifier, enseigner dans son Église.

Le pape François a d’ailleurs vigoureusement dénoncé un cléricalisme qui fait presque oublier le baptême au profit de l’Ordre : « Personne n’a été baptisé prêtre ni évêque ». Et le pape de poursuivre : « Telles sont les situations que le cléricalisme ne peut voir, car il est plus préoccupé par le fait de dominer les espaces que de générer des processus. Nous devons par conséquent reconnaître que le laïc, par sa réalité, par son identité, parce qu’il est immergé dans le cœur de la vie sociale, publique et politique, parce qu’il appartient à des formes culturelles qui se génèrent constamment, a besoin de nouvelles formes d’organisation et de célébration de la foi. Les rythmes actuels sont si différents (je ne dis pas meilleurs ou pires) de ceux que l’on vivait il y a trente ans ! « Cela demande d’imaginer des espaces de prière et de communion avec des caractéristiques innovantes, plus attirantes et significatives pour les populations urbaines » (Evangelii Gaudium 73) »

Générer des processus…

Inventer des formes nouvelles d’organisation et de célébration de la foi, est un projet enthousiasmant. Il ne peut se déployer qu’à partir d’un baptême revalorisé, exploré jusqu’à son message central, qui est celui d’une promesse, celle de la présence de Dieu aux côtés du baptisé, pour une mission qui dure toute la vie.
Une fois posé ce principe, beaucoup de champs sont à labourer. D’abord, celui de la spiritualité. Le baptême ne peut se fonder que sur le mystère pascal, dans une offrande de soi fondée sur le bon usage du monde. Pardonner au jour le jour, construire le Royaume, savoir que l’on est aimé à en mourir, et donner ce que l’on a reçu… Sur cette spiritualité doivent ensuite s’édifier un ou plusieurs types d’engagements, souples, modulables, de durée limitée, car c’est ainsi que les gens, aujourd’hui, vivent. Faut-il imaginer un « service d’Église », à l’image d’un service civique ? Faut-il le rémunérer ou tenir à ce qu’il soit gratuit ?

La question de la gouvernance

Vient ensuite la question de la gouvernance. L’exemple du Synode sur la famille en est l’illustration. Comment l’opinion peut-elle comprendre que seuls les évêques votent sur des questions familiales alors que les conséquences sont pour tous ? Le baptisé devrait pouvoir, s’il en a la compétence, gouverner, sanctifier, enseigner dans son Église. « Penser le laïcat » implique de reconnaître sa responsabilité. Les sacrements, eux non plus, pourraient ne pas rester la conséquence du sacrement de l’Ordre. Autrefois, les abbesses confessaient , les baptisés donnaient le sacrement des malades . Pourquoi ne pas s’en souvenir ?
Le frère Yves Congar rapportait ce mot d’esprit. Un prêtre, voulant expliquer la position du laïc dans l’Église, disait : la position du laïc est double. Il se met à genoux devant l’autel, c’est sa première position, il est assis en face de la chaire, c’est sa seconde position. Enfin, il y en a une troisième : il met la main à son portemonnaie . Bien sûr, ce propos date d’avant le Concile. Mais il dit bien la situation « bancale » du laïcat, qui n’existe que par soustraction. Il n’y aura d’avenir pour lui que dans sa reconsidération « ontologique ». Celle-ci passe par un retour à l’unicité foncière du peuple de Dieu, voulue par Jésus. Que le ministère presbytéral, en l’état actuel, ne parvienne pas à le traduire, c’est un fait ; mais il faut parier qu’il gagnerait aussi à ce retour, car pour lui aussi, le cléricalisme est un venin. Il se recentrerait ainsi sur ce qui le caractérise le plus, l’eucharistie et le pardon. Ce serait le signe incontestable de la royauté paradoxale du Christ pauvre, offert pour le salut du monde.

 

Anne Soupa, déjà connue des lecteurs de Sources, est une journaliste spécialisée dans la vulgarisation biblique et l’histoire de l’Église. Elle est cofondatrice avec Christine Pedrotti du Comité de la jupe et de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones.

Conférence des évêques – Lourdes – Novembre 2018

 

Déclaration de Mgr Georges Pontier,
président de la Conférence des Évêques de France
Lourdes, le 7 novembre

 

Cette Assemblée plénière des évêques de France a été marquée par l’accueil et l’écoute de personnes victimes d’actes de pédophilie, samedi 3 novembre dernier. Cet événement s’inscrivait dans la suite de plusieurs années de travail et de réflexions sur les mesures à mettre encore en œuvre dans la lutte contre la pédophilie. Cette rencontre entre les personnes victimes et les évêques a permis de confirmer pour nous tous, personnes victimes et évêques, la nécessité de travailler mieux ensemble à cette lutte.

Dans la suite des travaux entamés avant cette Assemblée et dans l’élan donné par la rencontre de samedi avec les personnes victimes, les évêques de France ont décidé la mise en place d’une commission indépendante pour faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Église catholique depuis 1950, pour comprendre les raisons qui ont favorisé la manière dont ont été traitées ces affaires et pour faire des préconisations. Cette commission devra aussi évaluer les mesures prises par la Conférence des évêques de France depuis les années 2000.

Elle rendra public un rapport d’ici 18 mois à 2 ans.

Dans les jours qui viennent, des précisions seront apportées sur cette commission indépendante et notamment sera annoncé le nom de la personnalité qui aura la charge de la mettre en place, d’en nommer les membres et d’en préciser le périmètre.

Par ailleurs, en plus de cette décision, les évêques de France ont voulu entreprendre des démarches propres dans le cadre de cette lutte contre la pédophilie. Ils veulent tout particulièrement associer les personnes victimes dans la mise en œuvre des décisions suivantes qui sont liées les unes aux autres. Ils souhaitent également travailler avec des personnalités de la société civile sur ces sujets. Ces décisions vont donner lieu à la mise en œuvre des chantiers qui devront aboutir à l’Assemblée plénière du printemps 2019 :
Ils souhaitent réaliser un travail de mémoire en recueillant les récits des personnes victimes afin de pouvoir mieux comprendre les raisons qui ont amené à ces actes. Dans une relation directe avec les personnes victimes qui le voudront bien, chaque évêque sera amené à prendre ou reprendre contact pour expliquer et initier ce travail.

Au titre de ce travail de mémoire, un rapport précis sur l’état de la lutte contre la pédophilie sera publié régulièrement dans la suite des rapports publiés par la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie.

Les évêques souhaitent travailler avec les victimes pour voir comment permettre que notre histoire n’oublie pas ces actes qui ont marqué à vie trop de personnes.
Les évêques veulent, par ailleurs, accentuer le travail de prévention. Ils souscriront aux programmes spécifiques qui pourront être proposés dans le cadre de cette prévention. Toujours avec les personnes victimes, ils travailleront à la mise en place d’actions de sensibilisation et de prévention dans tous les lieux d’Église susceptibles de les vivre et particulièrement les lieux de proximité (en paroisse par exemple).

Les évêques souhaitent proposer un geste financier aux personnes victimes.
Enfin, à l’égard des prêtres ayant été auteurs d’actes de pédophilie ou de prêtres présentant des fragilités, les évêques souhaitent mettre en place des mesures spécifiques d’accueil et d’accompagnement.

Source:

Dimanche missionnaire, Paroisse Saint Tiviziau Bro Landi et Soeurs Josefinas

Le dimanche missionnaire de cette année a été marquée, dans la paroisse Saint Tiviziau BRO-LANDI, par l’organisation et la réalisation d’activités missionnaires. Dûment mandatée par le Père Jean-Yves DIROU – curé de la paroisse – l’équipe des responsables de l’Enfance Missionnaire, avec à sa tête la sœur brésilienne Fernanda Lúcia de Sousa, a préparé de nombreuses activités. De nombreuses rencontres préparatoires ont précédé le jour du grand rassemblement des enfants. Lors d’une messe célébrée à l’Église de Saint Thégonnec présidée par le Père Jean-Yves DIROU, les enfants de l’Enfance missionnaire ont reçu officiellement leur mission, avec une croix et un livret de l’Enfance Missionnaire. Cette initiative témoigne, s’il en était besoin, d’un regain de conscience en ce qui concerne la nécessité d’attiser l’âme missionnaire.

Rappelons qu’au faîte de ses 175 années, l’Enfance missionnaire est présente dans 140 pays.  Elle a toujours pour devise celle que lui a donné son fondateur, l’ancien évêque de Nancy, Mgr Charles Forbin-Janson: « Les enfants aident les enfants ».

Les objectifs de l’Enfance missionnaire sont les suivants:

Ouvrir l’enfant à la dimension universelle de l’Église,
Le guider vers la communion spirituelle et le partage avec les enfants nécessiteux dans le monde,
Lui faire découvrir la réalité d’autres enfants du monde à travers la prière, la solidarité concrète,
Aider à éveiller et développer les vocations missionnaires.

Consciente de l’urgence de la question missionnaire, avec son équipe, et pleine d’enthousiasme, sœur Fernanda poursuit ses efforts pour étendre l’Enfance missionnaire sur tout le territoire de la Paroisse Saint Tiviziau – Bro Landi. Territoire sur lequel se trouve la  Maison Générale de la Société des Prêtres de Saint-Jacques.

Les Prêtres de Saint-Jacques sont très sensibles aux efforts consentis et à toutes les activités réalisés pour mobiliser les baptisés autour de la question missionnaire. Le Centre Missionnaire Saint-Jacques s’associe consciemment et généreusement à tous les acteurs ecclésiaux engagés à porter la mission de l’Église au cœur des hommes de tout âge, de toutes les origines et de toutes les cultures. Il entend obéir à l’ordre du Seigneur à faire de toutes les nations un peuple de disciples par l’annonce de l’Évangile et la célébration du baptême.

Un grand merci à Sœur Fernanda et à son équipe.

Suivent quelques photos de l’Enfance Missionnaire à la paroisse Saint Tiviziau – Bro Landi.

 

 

La TOUSSAINT 2018

 

Trouvez ici le texte intégral de l’Exhortation Gaudete et Exsultate en cliquant sur l’image ci-dessus.

Angélus – Fête de la TOUSSAINT 2018

Sínodo 2019: a Amazônia no coração da Igreja

 

Continue reading

Homélie et quelques photos du Père Francklin GRACIA en France

Homélie donnée par le Père FRANCKLIN GRACIA

Continue reading

Older posts
Translate »