Il est tombé, mon arbre
Mon arbre, il est tombé

Il avait vu des jours
Il avait vu des nuits
Il avait rivalisé avec les plus grands
Résisté au soleil et aux plus forts vents !

De sa grandeur, il a surpris des regards,
Avec lui, nous échangé des regards,

De sa hauteur, il s’est fait sentinelle
De sa hauteur, de l’horizon, il scrutait les nouvelles

Mais, il est tombé !
Il est tombé l’arbre des grands matins
Il est tombé, il est tombé
L’arbre de toutes les saisons

Il est tombé, il est tombé
L’arbre aux héroïques résistances

Il est tombé. Il est tombé

Il a été atteint au cœur,
atteint d’un mal sans merci

Pour cet arbre si grand et si beau
Au front altier et beau,
A nul autre pareil,
Il n’y a pas eu de rémission

Il portait sur son tronc
Un visage que chacun peut deviner
Il portait sur son flanc
Un visage, celui de l’humanité
Il est tombé, mon arbre

Désormais, je te regarderai plus
Désormais sur toi mon regard ne s’accrochera plus
Désormais nous n’échangerons plus nos regards
Désormais, mes yeux
Mes pauvres et tristes yeux
se porteront sur la place de ton absence
Mes yeux, mes pauvres yeux
Devront se contenter de ton souvenir…

Car il est tombé mon arbre
Comme pour celui qui reçoit l’onction des malades
L’extrême onction
On t’a aidé à de coucher
On t’a aidé à prendre la route de ton repos
Car, tu as été pris au cœur
Piqué à vif !
Voici ce qui arrive au bout d’une longue vie.
Il faut se coucher
Se coucher comme les autres
Comme tant d’autres !

Dors mon arbre
Repose-toi de ta fatigue et de tes peines
Toi qui t’es mis en peine
Pour inspirer de la hauteur à ceux qui t’ont côtoyé
Toi qui as indiqué la transcendance
A ceux qui t’ont approché,
Dors, repose-toi, dors
Dors, arbre au souvenir éternel !
Tu es tombé ! alors dors.
Dors
Dors éternellement.
Au repos dans nos souvenirs
Nos souvenirs éternels !

Georgino Rameau